Début des projets 1732 (≈ 1732)
Jacques Gabriel commence les plans pour l'hôtel.
1740-1742
Construction des pavillons
Construction des pavillons 1740-1742 (≈ 1741)
Édification des deux pavillons principaux.
1769
Fin de la Compagnie
Fin de la Compagnie 1769 (≈ 1769)
Disparition de la Compagnie des Indes.
1770
Prise par la Marine
Prise par la Marine 1770 (≈ 1770)
La Marine royale récupère les pavillons.
1943
Incendie pendant la guerre
Incendie pendant la guerre 1943 (≈ 1943)
L'édifice est incendié lors des bombardements.
1956-1959
Restauration d'après-guerre
Restauration d'après-guerre 1956-1959 (≈ 1958)
Le bâtiment est restauré à l'identique.
2000
Acquisition par la ville
Acquisition par la ville 2000 (≈ 2000)
La ville de Lorient acquiert l'hôtel.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Les toitures et façades des deux pavillons situés à droite et à gauche de la grille d'entrée ; la salle du Conseil (cad. BP 2) : classement par arrêté du 22 septembre 1930
Personnages clés
Jacques Gabriel
Architecte ayant conçu l'hôtel.
Louis de Saint-Pierre
Assistant de Jacques Gabriel pour la conception.
Origine et histoire de l'Hôtel Gabriel
La préfecture maritime occupe l'hôtel Gabriel, ensemble du XVIIIe siècle élevé pour la Compagnie perpétuelle des Indes et conçu par Jacques Gabriel. Deux pavillons symétriques encadrent une grille ouvrant sur une cour d'honneur ; ils présentent une ordonnance architecturale Louis XV et communiquent avec un jardin par une clôture en pierre et une galerie ajourée reliant les bureaux. Chaque pavillon comporte cinq grandes ouvertures cintrées sur les façades principales, couronnées de clés en forme de mascarons, et quatre sur les façades latérales. Le cabinet de travail de l'amiral préfet maritime conserve des boiseries. La construction répondait au transfert des ventes de la Compagnie des Indes de Nantes à Lorient et au besoin d'installations pour accueillir les acheteurs. Jacques Gabriel, assisté de Louis de Saint-Pierre, élabora plusieurs projets à partir de 1732 ; après des réductions, les deux pavillons furent finalement édifiés entre 1740 et 1742 et les ventes s'y tinrent dès la fin des travaux. L'hôtel servit aux activités de la Compagnie jusqu'à la disparition de celle-ci en 1769, date à laquelle il cessa d'être utilisé pour les ventes. La Marine royale récupéra les pavillons en 1770 et y installa son état-major ; ils accueillirent notamment le conseil de guerre de 1783–1784 et des ventes eurent lieu en 1790. En 1808 la préfecture maritime y établit son siège ; l'aile est abrita les appartements et salles de réception du préfet tandis que l'aile ouest accueillait l'état-major et les services. Pendant la Seconde Guerre mondiale, les Allemands occupèrent le site, y aménagèrent des ouvrages en sous-sol et l'édifice fut incendié lors des bombardements de 1943. Le bâtiment fut restauré à l'identique entre 1956 et 1959, avec des aménagements intérieurs adaptés pour la Marine nationale, qui y installa son État-Major et ses directions de 1959 à 2000. La ville de Lorient acquit l'hôtel en 2000 ; depuis 2008 il abrite le service de l'animation de l'architecture et du patrimoine, les archives municipales s'y installant en 2010 au premier étage de l'aile ouest, tandis que le rez-de-chaussée accueille salles d'accueil, documentation, ateliers et expositions, rejoints en 2014 par la galerie « Le Lieu ». Le site reçoit également des manifestations ponctuelles telles que le Festival interceltique de Lorient et le championnat national des bagadoù. L'ensemble est protégé au titre des monuments historiques depuis le 22 septembre 1930 ; le classement concerne les toitures et façades des deux pavillons encadrant la grille d'entrée ainsi que la salle du Conseil. L'entrée est marquée par une grille en fer entre les pavillons, flanquée de deux canons, l'un fondu à Douai en 1751 et l'autre pris à San Juan de Ulúa en 1838. Au sud s'étend un jardin à la française de deux hectares, articulé autour d'un axe nord-sud et d'une pièce d'eau circulaire, bordé d'allées et d'alignements d'arbres et limité au sud par une terrasse surélevée. Les bâtiments, en pierre de taille — granit en rez-de-chaussée et calcaire à l'étage — comprennent les deux pavillons prolongés vers le sud par deux ailes latérales ; à l'origine un corps de logis central prévu entre les pavillons ne fut pas réalisé. Les façades nord présentent une composition rythmée par cinq baies alignées sur trois hauteurs et ornées de motifs végétaux ; les façades intérieures côté cour et jardin reprennent ces hauteurs de baie mais de façon plus sobre. Deux mascarons figurant des divinités ornent les accès centraux : Athéna, sur le pavillon ouest, est représentée avec des attributs guerriers et navals, et Hermès, sur le pavillon est, porte le pétase ailé et les caducées.