Origine et histoire
L'hôtel de Magnoncourt, situé au 7 rue Charles Nodier à Besançon, fut édifié en 1776 par l'architecte bisontin Claude Joseph Alexandre Bertrand, également concepteur de l'église Saint-Pierre. Commandé par Claude-François Henrion de Magnoncourt, noble franc-comtois et ancien capitaine, ce bâtiment incarne l'élégance du style Louis XVI. Sa façade monumentale à cinq travées, ses communs en retour sur cour, et son allée cochère encadrée de vestibules doriques en font un exemple remarquable d'architecture civile du XVIIIe siècle.
L'intérieur conserve un décor d'origine exceptionnel, notamment des lambris avec bas-reliefs, une salle à manger, un salon et deux chambres classées. L'hôtel, vendu en 1842 à Philibert-Gustave Mareschal de Longeville, fut transformé en 1962 par la Chambre de Commerce, perdant son jardin au profit d'un immeuble de bureaux. Acquis par l'État en 1993, il abrite depuis la Direction régionale des Affaires culturelles (DRAC), après un classement au titre des monuments historiques en 1996.
L'édifice se distingue par son plan en U, son escalier d'honneur en maçonnerie avec rampe en ferronnerie, et ses caves voûtées. La perspective initiale sur le parc de l'hôtel Pétremand de Valay, voulue par Bertrand, fut obstruée par les aménagements du XXe siècle. Malgré ces modifications, l'hôtel reste l'une des plus belles réalisations architecturales de Besançon, témoin du faste aristocratique franc-comtois avant la Révolution.
La construction s'inscrit dans un contexte urbain en pleine mutation, où les élites locales, comme les Henrion de Magnoncourt, affichent leur pouvoir par des résidences somptueuses. L'architecte Bertrand, figure majeure du patrimoine bisontin, y déploie un savoir-faire alliant rigueur classique et ornements délicats, caractéristique de la fin de l'Ancien Régime. Le bâtiment illustre aussi les adaptations successives des hôtels particuliers, passant de demeure privée à usage institutionnel.
Le classement de 1996 protège non seulement les façades et toitures, mais aussi des éléments intérieurs rares, comme les pièces avec leur décor d'origine au rez-de-chaussée et au premier étage. Cette protection reflète la valeur patrimoniale de l'édifice, à la fois pour son architecture et pour son histoire, liée aux transformations sociales et urbaines de Besançon depuis le XVIIIe siècle.