Hôtel Lallemant à Bourges dans le Cher

Patrimoine classé Patrimoine urbain Route Jacques-Coeur Bâtiment Renaissance

Hôtel Lallemant à Bourges

  • 5 Rue de l'Hôtel-Lallemant
  • 18000 Bourges
Hôtel Lallemant à Bourges : Façade intérieure.
Hôtel Lallemant à Bourges
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Crédit photo : MOSSOT - Sous licence Creative Commons
Propriété de la commune

Frise chronologique

Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1600
1700
2000
4e quart XVe siècle
Construction initiale
XVIe siècle
Remaniement et décoration
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Hôtel Lallemant (cad. HY 13) : classement par liste de 1840

Origine et histoire de l'Hôtel Lallemant

L’hôtel Lallemant, construit à la fin du XVe siècle pour la famille Lallemant, témoigne de la transition entre le gothique tardif et la première Renaissance française. La parcelle fut acquise en 1467 et les bâtiments antérieurs furent détruits par le grand incendie de Bourges en 1487 ; la demeure fut remaniée au début du XVIe siècle et adopta en 1506 un décor italianisant. Classé au titre des monuments historiques dès 1840, l’édifice est bâti en partie sur le rempart gallo-romain, ce qui explique sa configuration à deux niveaux et l’existence d’une cour haute et d’une cour basse séparées par quelques marches. Les deux corps de logis donnent sur la rue de l’Hôtel-Lallemant et la rue Bourbonnoux ; l’entrée actuelle et l’accès au musée se font depuis la rue de l’Hôtel-Lallemant, tandis qu’un passage voûté relie la cour à la rue Bourbonnoux.
Le décor de la cour haute, particulièrement soigné autour des baies et sur les tourelles, associe éléments gothiques et motifs italianisants ; la finesse de l’ornementation a suggéré l’intervention d’artistes d’influence italienne. Le palais est richement sculpté : pilastres, corniches, chapiteaux, culs-de-lampe, colonnes, frontons, cheminées, médaillons et moulures portent une ornementation variée représentant cornes d’abondance, coquilles, rinceaux, oiseaux, animaux fantastiques et figures humaines, dont un phénix, un fou, un aigle, saint Christophe et Pâris fils de Priam. Certaines compositions figurent sur le palier voûté d’ogives où se montrent des personnages en diverses attitudes, et l’ensemble des portraits sculptés a donné lieu, depuis Fulcanelli et d’autres auteurs, à des interprétations ésotériques et alchimiques.
La façade sur la rue Bourbonnoux, à trois niveaux, a été transformée aux XVIIe siècle par la famille d’Orsanne qui y a placé ses armoiries ; elle combine un décor gothique et une travée centrale aux accents italianisants, avec baies encadrées de pilastres à fûts plats ornés de vases, rinceaux, mascarons et animaux fantastiques. La porte d’accès conduit à un couloir incliné desservant la cour basse par sept marches, et s’ouvre sous un portique aux pilastres demi‑circulaires et chapiteaux sculptés d’animaux fantastiques.
La cour réunit des bâtiments de différentes fonctions : atelier ou cuisine transformé en accueil du public, une tourelle d’escalier ronde sommée d’un belvédère, et deux façades de style Louis XII donnant sur des niveaux inégaux ; la partie basse comprend une loggia à trois voûtes décorée de peintures murales et d’un bas‑relief de la seconde moitié du XVIe siècle. Les façades présentent de grandes fenêtres à meneaux et croisées, des larmiers terminant sur figures fantastiques, et une travée cantonnée d’une porte encadrée de pilastres surmontée d’une tourelle en encorbellement éclairée par de petites fenêtres encadrées de balustres.
L’angle ouest de la cour haute est occupé par une tourelle d’escalier réputée pour sa qualité Renaissance : la porte inférieure est flanquée de demi‑colonnes richement sculptées, le fronton triangulaire porte un médaillon représentant Pâris, et la partie haute comprend colonnes, demi‑colonnes cannelées et un entablement décoré. À l’angle opposé se trouve une tourelle plus petite portée en encorbellement, ornée de moulures et d’un cul‑de‑lampe figurant un personnage accroupi coiffé d’un casque ailé, interprété par certains auteurs comme un fou ou une figure de Mercure.
À l’intérieur, l’escalier principal, situé dans l’épaisseur du bâtiment, commande la distribution des pièces et dessert la chambre basse, la salle à manger d’hiver et l’oratoire ; il est décoré de personnages sculptés aux écoinçons, dont un bouffon, un musicien et un porteur de guirlande. La chambre basse conserve une cheminée dont le manteau porte les emblèmes royaux — le porc‑épic de Louis XII et l’hermine d’Anne de Bretagne — ainsi que des trophées d’armes sur les côtés. La salle à manger d’hiver présente un plafond à caissons en bois, une poutre maîtresse ornée de bucranes et un parquet disposé en motif octogonal.
L’oratoire, de dimensions modestes mais remarquables pour une demeure privée, est particulièrement remarquable pour son plafond de trente caissons sculptés en pierre disposés en dix rangées de trois ; les murs portent des pilastres dont les chapiteaux représentent les symboles des évangélistes et une niche contient une crédence en bronze décorée de symboles. Les caissons alternent angelots et représentations d’objets ou d’animaux — colombe, corne d’abondance, ruche, globe céleste, livre enflammé, entre autres — et certaines compositions ont inspiré des lectures hermétiques et alchimiques depuis Fulcanelli. Les suites de lettres R et E qui apparaissent dans plusieurs caissons et niches ont été lues de diverses façons par les auteurs modernes, sans interprétation unanime.
Propriété de la famille Lallemant jusqu’au milieu du XVIIe siècle, l’hôtel passa ensuite entre diverses mains — dont les d’Orsanne, les Gamaches et les Lemoyne — puis fut vendu à la ville de Bourges en 1826. Après avoir servi d’école et de siège pour des sociétés savantes, il accueille depuis 1951 le musée des Arts décoratifs qui présente meubles et objets des XVIIe et XVIIIe siècles. L’hôtel conserve depuis deux siècles une mèche de cheveux attribuée à Agnès Sorel, dont l’identification a été réexaminée lors d’une étude menée en 2004‑2005. Classé dès 1840, l’édifice a fait l’objet d’une restauration d’ensemble au début du XXe siècle et de travaux de réfection des façades en 1995‑1996.

Devenir actuel

Acquis par la ville de Bourges en 1826, l'hôtel accueille depuis 1951 le musée des arts décoratifs, qui abrite entre autres divers meubles et objets des xviie et xviiie siècles.

Liens externes