Frise chronologique
1467
Acquisition du terrain
Acquisition du terrain
1467 (≈ 1467)
Jean Lallemant achète la parcelle initiale.
juillet 1487
Incendie de Bourges
Incendie de Bourges
juillet 1487 (≈ 1487)
Destruction des bâtiments précédents sur le site.
1506
Entrée de Louis XII
Entrée de Louis XII
1506 (≈ 1506)
Modification des décors en style italianisant.
1495–1518
Construction de l’hôtel
Construction de l’hôtel
1495–1518 (≈ 1507)
Période principale des travaux et décors.
1518
Accord entre paroisses
Accord entre paroisses
1518 (≈ 1518)
Résolution du conflit territorial gravé sur marbre.
1840
Classement monument historique
Classement monument historique
1840 (≈ 1840)
Première liste des monuments protégés en France.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Hôtel Lallemant (cad. HY 13) : classement par liste de 1840
Personnages clés
| Jean Lallemant (père) - Commanditaire et propriétaire |
Acheta le terrain en 1467 et initia la reconstruction. |
| Jean Lallemant (fils et petits-fils) - Famille de marchands enrichis |
Trois générations portèrent ce prénom. |
| Louis XII - Roi de France |
Son entrée en 1506 influença les décors. |
| Anne de Bretagne - Reine consort |
Symboles (hermine) présents dans les cheminées. |
| Fulcanelli - Auteur ésotériste |
Interpréta les caissons comme symboles alchimiques. |
| Pierre-Constance Séguin - Dernier propriétaire privé |
Vendit l’hôtel à la ville en 1826. |
Origine et histoire
L’hôtel Lallemant, situé à Bourges dans le Cher, fut édifié entre 1495 et 1518 par la famille Lallemant, riche lignée de marchands originaires d’Allemagne installés dans la ville depuis le XIIIe siècle. Le terrain, acquis en 1467 par Jean Lallemant, fut reconstruit après l’incendie de 1487 qui ravagea Bourges. L’édifice incarne la transition entre le gothique flamboyant et la première Renaissance française, avec des décors sculptés luxueux et des influences italianisantes marquées, comme en témoignent les médaillons en terre cuite et les motifs ornementaux.
La construction débuta en 1497 et s’acheva vers 1506, date à laquelle Louis XII fit son entrée solennelle à Bourges. Le décor fut alors adapté au nouveau style, mêlant éléments gothiques et apports italiens. L’hôtel, bâti partiellement sur les remparts gallo-romains, présente une architecture complexe avec deux cours (haute et basse), des tourelles d’escalier ornées, et un plafond à caissons alchimiques dans l’oratoire. Ces décors, interprétés comme ésotériques par des auteurs comme Fulcanelli, incluent des symboles comme des angelots, des animaux fantastiques, et des lettres mystérieuses (R, E).
Classé monument historique dès 1840, l’hôtel Lallemant fut acquis par la ville de Bourges en 1826. Il abritera successivement une école, des sociétés savantes, puis le musée des Arts décoratifs depuis 1951. Une particularité historique réside dans son appartenance simultanée à trois paroisses, conflictuelle jusqu’à un accord en 1518, gravé sur une plaque en marbre noir. L’édifice conserve aussi une mèche de cheveux attribuée à Agnès Sorel, authentifiée en 2004.
Les façades, restaurées en 1995–1996, allient des éléments gothiques (rue Bourbonnoux) et Renaissance (cour haute), avec des sculptures de personnages mythologiques comme Pâris ou saint Christophe. Les intérieurs, comme la salle à manger d’hiver ou la chambre basse, révèlent des plafonds à caissons en bois ou pierre, ornés de symboles alchimiques ou religieux. L’escalier, atypique pour l’époque, est intégré au bâtiment et dessert des pièces aux décors raffinés, comme l’oratoire aux pilastres représentant les évangélistes.
L’hôtel passa entre les mains de plusieurs familles (Viole, Barjon, d’Orsanne) avant d’être vendu à la ville. Son histoire reflète l’ascension sociale des Lallemant, devenus nobles par leurs fonctions royales et municipales. Les manuscrits enluminés de la famille, étudiés par Frédéric Sailland, éclairent les symboles du plafond, tandis que les théories alchimistes, popularisées par Fulcanelli, ajoutent une dimension mystérieuse à ce monument précurseur de la Renaissance en France.
Devenir actuel
Acquis par la ville de Bourges en 1826, l'hôtel accueille depuis 1951 le musée des arts décoratifs, qui abrite entre autres divers meubles et objets des xviie et xviiie siècles.