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Hôtel Lavernette à Besançon dans le Doubs

Patrimoine classé Patrimoine urbain Hotel particulier classé

Hôtel Lavernette à Besançon

  • 3 Rue du Lycée
  • 25000 Besançon
Hôtel Lavernette à Besançon
Hôtel Lavernette à Besançon
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Hôtel Lavernette à Besançon
Hôtel Lavernette à Besançon
Crédit photo : Wikipedro - Sous licence Creative Commons
Propriété privée
25000 Besançon, 3 Rue du Lycée

Frise chronologique

Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1800
1900
2000
1782
Mariage des commanditaires
avril 1789
Permis de construire
1789–1792
Construction de l’hôtel
1883
Vente à la famille Jacquin
18 octobre 1979
Inscription MH
décembre 2019
Dernière vente connue
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Façades et toitures ; l'escalier avec sa rampe et sa cage ; les pièces suivantes avec leur décor : le grand salon, la chambre à alcôve et la chambre jouxtant celle-ci au premier étage (cad. AW 38) : inscription par arrêté du 18 octobre 1979

Personnages clés

Claude-Antoine Colombot - Architecte maître d’œuvre Conçoit l’hôtel et supervise décors et artisans.
Abel-Michel Bernard de La Vernette Saint-Maurice - Commanditaire et premier propriétaire Comte et officier, épouse Augustine de Chappuis.
Augustine de Chappuis de Rosières - Commanditaire et propriétaire Fille d’un président au Parlement de Besançon.
Joseph-Marcel Marca - Stucateur piémontais Réalise décors intérieurs et extérieurs en stuc.
Antoine Munier - Ébéniste Participe aux boiseries sous direction de Colombot.

Origine et histoire de l'Hôtel Lavernette

L’hôtel de Lavernette est un hôtel particulier néoclassique édifié entre 1789 et 1792 à Besançon, dans le département du Doubs, par l’architecte Claude-Antoine Colombot pour le comte Abel-Michel Bernard de La Vernette Saint-Maurice. Commandé à l’aube de la Révolution, il représente la dernière construction aristocratique de ce type dans la ville. Le comte, capitaine au régiment d’Orléans et lieutenant des maréchaux de France, fait appel à Colombot après son mariage en 1782 avec Augustine de Chappuis de Rosières, fille d’un président au Parlement de Besançon. Le chantier, exceptionnellement documenté par des archives familiales et municipales, révèle une collaboration avec des artisans d’exception, comme le stucateur piémontais Joseph-Marcel Marca ou l’ébéniste Antoine Munier.

La façade sur rue, large de sept travées, se distingue par un avant-corps à frontons alternés et un balcon à balustres, tandis que la cour intérieure abrite des décors en stuc aux initiales des commanditaires. L’escalier d’honneur, traité en bossages imitant le marbre, mène à des intérieurs préservés, dont le grand salon, la chambre à alcôve (avec un plafond orné de pavots et de roses), et une chambre circulaire au second étage. Les archives attestent de la provenance des matériaux, comme les vitres de la verrerie de Champagney (Haute-Saône) ou les boiseries inspirées des dessins de Colombot. Les propriétaires successifs — les familles Jacquin (à partir de 1883) et les actuels acquéreurs (depuis 1975) — ont maintenu l’intégrité des lieux, permettant une inscription partielle aux monuments historiques en 1979.

L’hôtel illustre la typologie des hôtels bisontins du XVIIIe siècle, avec une cour arrière et des communs en retour d’équerre. Son décor intérieur, quasi intact, inclut des huisseries d’origine, des parquets partiellement réemployés du XVIIe siècle, et des cheminées signées Colombot. Parmi les éléments remarquables figurent les quatre bustes en terre cuite des baies serliennes, symbolisant les saisons et les âges de la vie, ou le système de fermeture original d’une fenêtre en oculus. La richesse documentaire du projet — plans, factures, photographies d’archives — en fait un témoignage rare de l’art de vivre aristocratique en Franche-Comté à la veille de la Révolution.

Le site, situé 3 rue du Lycée dans le quartier de la Boucle, a été revendu en décembre 2019, marquant la fin de trois siècles de transmission entre seulement trois familles. Son histoire reflète les mutations sociales de Besançon, de l’Ancien Régime à l’ère industrielle, tout en conservant un patrimoine architectural et décoratif d’exception, aujourd’hui protégé et étudié.

Liens externes

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