Frise chronologique
1651
Achat du terrain par Charles Le Brun
Achat du terrain par Charles Le Brun
1651 (≈ 1651)
Acquisition de terrains sur la montagne Sainte-Geneviève.
1700-1701
Construction de l'hôtel
Construction de l'hôtel
1700-1701 (≈ 1701)
Conception par Germain Boffrand et Nicolas Saint-Denis.
1718-1719
Séjour d'Antoine Watteau
Séjour d'Antoine Watteau
1718-1719 (≈ 1719)
Le peintre loge dans l'hôtel.
1er février 1955
Classement monument historique
Classement monument historique
1er février 1955 (≈ 1955)
Inscription des façades sur cour et jardin.
2009
Rachat par PAP
Rachat par PAP
2009 (≈ 2009)
Acquisition pour 35,5 millions d’euros.
2024
Ouverture du Grand Hôtel des Rêves
Ouverture du Grand Hôtel des Rêves
2024 (≈ 2024)
Transformation en lieu de spectacles immersifs.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Façades sur cour et sur jardin : inscription par arrêté du 1er février 1955
Personnages clés
| Charles Le Brun - Peintre et premier propriétaire |
Acheteur du terrain en 1651. |
| Charles II Le Brun - Commanditaire de l'hôtel |
Neveu du peintre, propriétaire en 1699. |
| Germain Boffrand - Architecte |
Concepteur de l’hôtel en 1700. |
| Antoine Watteau - Locataire et peintre |
Y réside entre 1718 et 1719. |
| Georges-Louis Leclerc de Buffon - Naturaliste et locataire |
Y vit en 1766. |
| Élisabeth Vigée Le Brun - Peintre et locataire |
S’y installe en 1805. |
Origine et histoire
L’hôtel Le Brun est un hôtel particulier édifié au début du XVIIIe siècle dans le 5e arrondissement de Paris, au 47 rue du Cardinal-Lemoine. Son histoire débute en 1651, lorsque le peintre Charles Le Brun acquiert des terrains sur les pentes de la montagne Sainte-Geneviève, alors en périphérie de la ville, près de l’enceinte de Philippe Auguste. À sa mort en 1690, puis celle de sa veuve en 1699, le domaine échoit à leur neveu, Charles II Le Brun, auditeur à la Cour des Comptes. Ce dernier confie en 1700-1701 la conception d’un hôtel particulier à l’architecte Germain Boffrand, alors peu connu, et au maître maçon Nicolas Saint-Denis.
L’hôtel, achevé au début du XVIIIe siècle, se distingue par son plan innovant : quatre façades libres, sans ailes reliant le corps de logis aux bâtiments sur rue, une rareté à Paris à cette époque. Les frontons sculptés par Anselm Flamen ornent les façades sur cour et jardin, célébrant la mémoire de Charles Le Brun. Parmi les locataires illustres figurent le peintre Antoine Watteau (1718-1719) et le graveur Edme Jeaurat (1720-1726). Charles II Le Brun y décède en 1727, laissant un édifice qui abritera plus tard des figures comme Buffon (1766) et Élisabeth Vigée Le Brun (1805).
Au XIXe siècle, l’hôtel devient une pension tenue par la famille d’Haudicourt, avant d’être acquis par la Ville de Paris en 1912 pour y installer des services publics. Classé monument historique en 1955 (façades sur cour et jardin), il abrite successivement l’Office des logements sociaux, puis, après des restaurations dans les années 1990, la direction de l’OPAC jusqu’en 2008. Racheté en 2009 par le groupe De Particulier à Particulier pour 35,5 millions d’euros, il est transformé en lieu événementiel. Depuis 2024, la société Polaris y produit des spectacles immersifs sous le nom Le Grand Hôtel des Rêves.
L’architecture de l’hôtel, marquée par l’influence de Boffrand, se caractérise par des façades dépouillées animées par des frontons sculptés. Celui du jardin représente Charles Le Brun présenté à Minerve, entouré des allégories de la Peinture et de la Sculpture, tandis que celui de la cour arbore les armoiries de Charles II Le Brun encadrées de licornes. La rampe en fer forgé du grand escalier, œuvre de Cafin, complète cet ensemble remarquable. Les transformations ultérieures (années 1930 et 1960) ont densifié la parcelle, mais l’hôtel conserve son cachet du XVIIIe siècle.