Frise chronologique
1731-1733
Construction des hôtels
Construction des hôtels
1731-1733 (≈ 1732)
Édifiés par Dailly et Caqué pour Marie-Madeleine Le Lièvre.
1814
Fin de la propriété Le Lièvre
Fin de la propriété Le Lièvre
1814 (≈ 1814)
Famille propriétaire pendant 80 ans environ.
fin XIXe - début XXe
Atelier de photographie
Atelier de photographie
fin XIXe - début XXe (≈ 1899)
Maison Nacivet au n°6, associée à Grimaud.
18 novembre 1953
Inscription aux Monuments Historiques
Inscription aux Monuments Historiques
18 novembre 1953 (≈ 1953)
Façades, toitures, escalier et ferronneries protégés.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Sur rue : la façade (vantaux des portes et ferronneries compris) et la toiture correspondante ; sur cour : la façade postérieure du bâtiment principal, les façades des bâtiments en aile, à droite et à gauche et les toitures correspondantes ; le passage d'entrée du vestibule ; la cage d'escalier avec ses restes de décorations et la rampe en fer forgé : inscription par arrêté du 18 novembre 1953
Personnages clés
| Marie-Madeleine Le Lièvre de la Grange - Commanditaire |
Propriétaire initiale des hôtels (1731-1814). |
| Victor-Thierry Dailly - Architecte |
Concepteur des hôtels jumeaux. |
| Pierre Caqué - Maître maçon |
Responsable de la construction. |
| Bourguignon et Lissy - Sculpteurs |
Auteurs des ornements (mascarons, cygne). |
| Maison Nacivet - Locataire (photographie) |
Atelier installé au n°6 fin XIXe. |
Origine et histoire
L’hôtel Le Lièvre de la Grange est un ensemble architectural composé de deux hôtels particuliers jumeaux, construits aux 4 et 6 rue de Braque dans le 3e arrondissement de Paris. Ces bâtiments, érigés entre 1731 et 1733, furent commandités par Marie-Madeleine Le Lièvre de la Grange et conçus par l’architecte Victor-Thierry Dailly, avec la maîtrise d’œuvre du maçon Pierre Caqué. Destinés à la location dès leur origine, ils restèrent propriété de la famille Le Lièvre jusqu’en 1814. Leur style rocaille, typique du début du règne de Louis XV, se distingue par des ornements sculptés comme des têtes de bélier, des vieillards barbus, et un cygne, œuvres des sculpteurs Bourguignon et Lissy.
Les façades sur rue et sur cour, ainsi que des éléments intérieurs (vestibule, cage d’escalier avec sa rampe en fer forgé), furent inscrits aux monuments historiques par arrêté du 18 novembre 1953. À noter que les jardins originels furent partiellement détruits pour laisser place à des constructions commerciales. Au tournant du XXe siècle, le n°6 abritait un atelier de photographie réputé, celui de la Maison Nacivet, associée à la Maison Grimaud (sise rue Saint-André-des-Arts), illustrant la réaffectation des lieux à des usages modernes.
L’architecture des deux corps de logis, prolongés par des ailes encadrant une cour initialement divisée, reflète l’élégance de l’époque. Les portails d’entrée, surmontés de balcons aux consoles sculptées, et les mascarons ornant les façades sur cour témoignent d’un savoir-faire artistique remarquable. Le grand escalier du n°6, avec sa rampe en fer forgé d’origine, constitue un exemple préservé de l’artisanat du XVIIIe siècle, tandis que les modifications ultérieures (comme la disparition partielle des jardins) rappellent les adaptations urbaines subies par le patrimoine parisien.
La famille Le Lièvre de la Grange, propriétaire pendant plus de 80 ans, marqua durablement l’histoire des lieux. Leur héritage se lit encore dans les détails architecturaux, bien que l’hôtel ait connu des occupations variées, dont celle de la Maison Nacivet, active dans la photographie à une époque où ce médium révolutionnait la capture d’images. L’inscription partielle au titre des monuments historiques en 1953 souligna la valeur patrimoniale des façades, toitures, et éléments intérieurs, protégeant ainsi une partie de ce témoignage du Paris des Lumières.
Aujourd’hui, l’hôtel Le Lièvre ou de La Grange incarne à la fois la grandeur de l’architecture civile du XVIIIe siècle et les transformations urbaines de Paris. Son style rocaille, ses sculptures, et sa structure en double corps de logis en font un exemple représentatif des hôtels particuliers parisiens de l’époque, tandis que son histoire ultérieure — entre ateliers artisanaux et protections patrimoniales — illustre la dynamique entre préservation et évolution dans la capitale française.