Frise chronologique
1627-1634
Construction initiale
Construction initiale
1627-1634 (≈ 1631)
Bâti pour Jean-Baptiste Scarron, sieur de Saint-Try.
1640
Acquisition par les Coulanges
Acquisition par les Coulanges
1640 (≈ 1640)
Philippe II de Coulanges achète l’hôtel aux enchères.
1644
Départ de Madame de Sévigné
Départ de Madame de Sévigné
1644 (≈ 1644)
Marie de Rabutin-Chantal quitte l’hôtel pour son mariage.
1662
Devenu « petit hôtel Le Tellier »
Devenu « petit hôtel Le Tellier »
1662 (≈ 1662)
Achat par Michel Le Tellier, chancelier de Louis XIV.
1703
Vente à Edme Beaugier
Vente à Edme Beaugier
1703 (≈ 1703)
Début des transformations du XVIIIe siècle.
1961
Classement aux Monuments Historiques
Classement aux Monuments Historiques
1961 (≈ 1961)
Sauvetage après une mobilisation citoyenne.
2024
Ouverture de *Dover Street Market*
Ouverture de *Dover Street Market*
2024 (≈ 2024)
Concept store de mode dans l’hôtel restauré.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Personnages clés
| Jean-Baptiste Scarron - Premier propriétaire et commanditaire |
Fait construire l’hôtel entre 1627 et 1634. |
| Philippe II de Coulanges - Propriétaire et tuteur de Madame de Sévigné |
Achète l’hôtel en 1640 pour sa famille. |
| Marie de Rabutin-Chantal (Madame de Sévigné) - Figure littéraire et résidente |
Y vit de 1637 à son mariage en 1644. |
| Michel Le Tellier - Chancelier de Louis XIV |
Propriétaire à partir de 1662, y cache des enfants royaux. |
| Philippe-Emmanuel de Coulanges - Rénovateur de l’hôtel |
Agrandit la cour et ajoute des arcades (vers 1660). |
| Edme Beaugier - Fermier général et propriétaire |
Transforme la façade et le portail en 1707. |
Origine et histoire
L’hôtel de Coulanges, situé au 35-37 rue des Francs-Bourgeois dans le 4e arrondissement de Paris, est un hôtel particulier construit entre 1627 et 1634 pour Jean-Baptiste Scarron, sieur de Saint-Try. Ce corps de logis, flanqué d’une aile perpendiculaire, est acquis en 1640 par Philippe II de Coulanges, conseiller du roi, après la saisie du bien pour dettes. La famille Coulanges y vit jusqu’en 1662, accueillant notamment Marie de Rabutin-Chantal, future madame de Sévigné, entre 1637 et son mariage en 1644. L’hôtel est alors profondément remanié par Philippe-Emmanuel de Coulanges, qui agrandit la cour d’honneur et ajoute des arcades ornées de mascarons.
En 1662, l’hôtel est vendu à Michel Le Tellier, chancelier de Louis XIV, et devient le « petit hôtel Le Tellier ». Selon les Mémoires du marquis de Sourches, six enfants illégitimes de Louis XIV et de madame de Montespan y auraient été élevés secrètement par Jean Darbon, homme de confiance de Le Tellier. Après la mort de ce dernier en 1685, le petit hôtel est loué puis vendu en 1703 à Edme Beaugier, fermier général, qui entreprend d’importants travaux : démolition du bâtiment sur rue, construction d’un nouveau portail rocaille (1707), et ajout d’un attique au XVIIIe siècle.
Au cours du XVIIIe siècle, l’hôtel change plusieurs fois de mains. André Charles Louis Chabenat, président au Parlement, y ajoute en 1769-1770 un pavillon en rotonde donnant sur un jardin agrandi par l’acquisition de l’hôtel des 14-16 rue des Rosiers. En 1775, Puy de Vérine, dernier propriétaire avant la Révolution, y érige un mur de séparation avec le jardin voisin. L’hôtel, dégradé au XIXe siècle, est sauvé en 1961 par une mobilisation citoyenne aboutissant à son classement aux Monuments Historiques. Restauré entre 1975 et 1978, il abrite successivement la Maison de l’Europe de Paris (jusqu’en 2017) puis, depuis 2024, un concept store Dover Street Market.
L’architecture de l’hôtel mêle des éléments du XVIIe siècle (escalier de service, ferronneries Louis XIV) et du XVIIIe siècle (attique, rotonde, mascarons). Son portail de 1707, orné d’un mascaron représentant un homme barbu côté rue et une femme côté cour, est emblématique du style rocaille. Les façades, toitures, la cage d’escalier et le sol de la cour d’honneur sont protégés depuis 1961. Le jardin des Rosiers-Joseph-Migneret, adjacent, réunit les anciens jardins de trois hôtels particuliers, dont celui de Coulanges.
L’hôtel est indissociable de l’histoire du Marais, quartier aristocratique sous l’Ancien Régime. Il illustre les transformations architecturales des hôtels particuliers parisiens, passant de résidences familiales (Coulanges) à des fonctions administratives ou culturelles (Maison de l’Europe). Son sauvetage en 1961 marque un tournant dans la préservation du patrimoine du Marais, alors menacé par des projets immobiliers. Aujourd’hui, il incarne la réhabilitation contemporaine des monuments historiques, alliant conservation et usages modernes.