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Hôtel Lespinay-de-Beaumont à Fontenay-le-Comte en Vendée

Patrimoine classé Patrimoine urbain Hotel particulier classé

Hôtel Lespinay-de-Beaumont à Fontenay-le-Comte

    1 Impasse de Mouillebert
    85200 Fontenay-le-Comte
Propriété privée
Crédit photo : Selbymay - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1800
1900
2000
1784
Achèvement de la construction
1793-1794
Réquisition révolutionnaire
4e quart XVIIIe siècle
Période de construction
1925
Transformation en usine
1977
Inscription aux Monuments Historiques
1999-2003
Réhabilitation en logements
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Les façades et toitures ; l'escalier avec sa rampe en fer forgé ; les deux salons au premier étage avec leur décor (cad. BE 26) : inscription par arrêté du 1er mars 1977

Personnages clés

Louis-Gabriel de Lespinay - Seigneur de Beaumont, commanditaire Fuit la Révolution, mort en 1793.
Louise Suzanne d’Appelvoisin - Épouse de Louis-Gabriel Dame de Bouillé, co-commanditaire.
Guy-Biraud - Industriel et protecteur Sauve le bâtiment en 1957.
Victor de Rorthais de Monbail - Propriétaire au XIXe siècle Héritier en 1846, mène des travaux.
Frères Guiller - Industriels (cycles/motos) Occupent l’hôtel de 1925 à 1957.
Marie Louise Henriette de Lespinay - Fille des commanditaires Récupère le bien en 1802.

Origine et histoire

L’hôtel Lespinay-de-Beaumont est un ancien hôtel particulier aristocratique construit à Fontenay-le-Comte (Vendée) dans le dernier quart du XVIIIe siècle. Commandé par Louis-Gabriel de Lespinay, seigneur de Beaumont, il remplace l’ancien hôtel de La Vau, siège d’une seigneurie intra-muros. L’édifice, achevé en 1784, se distingue par son style colossal et versaillais, avec une façade imposante masquant une toiture en pavillon. Son architecture reflète une hiérarchie sociale stricte : rez-de-chaussée technique, étages nobles, et combles réservés aux domestiques. La Révolution interrompt son usage initial : confisqué comme bien national, il devient un hôpital pour prisonniers en 1794.

Au XIXe siècle, l’hôtel passe entre les mains des héritiers Lespinay-de-Beaumont, puis est légué en 1846 à Victor de Rorthais de Monbail. Au XXe siècle, il connaît une transformation radicale : racheté en 1925 par les Cycles Guiller, il abrite une usine de vélos et motos, 5e constructeur national. Les ateliers industriels altèrent sa structure (dalles béton, modifications des communs). Dans les années 1960, Guy-Biraud y installe des transformateurs électriques et sauve le bâtiment en le faisant inscrire aux Monuments Historiques en 1977. Il y collectionne aussi objets scientifiques et véhicules, tout en protégeant son patrimoine.

À partir de 1999, une réhabilitation sous la loi Malraux transforme l’hôtel en copropriété de 13 appartements, restaurant son cachet historique (démolition des adjonctions du XXe siècle, conservation des salons du XVIIIe). Aujourd’hui, l’immeuble, accessible lors des Journées du Patrimoine, témoigne de trois siècles d’histoire : fastes aristocratiques, bouleversements révolutionnaires, et reconversion industrielle. Son emplacement, au pied d’une motte féodale et près des anciennes fortifications, en fait un symbole du quartier Renaissance de Fontenay-le-Comte.

L’édifice conserve des éléments remarquables : un escalier en vis du XVIe siècle (vestige de l’hôtel de La Vau), des salons du premier étage avec leur décor d’origine, et une rampe en fer forgé. La propriété inclut aussi une tour du XIIIe siècle, vestige de l’enceinte médiévale. Son parcellaire, à la convergence de rues historiques (Pierre-Brissot, du Puits-de-la-Vau), s’inscrit dans un paysage marqué par le ruisseau du Bédouard, axe géologique de la ville. La réhabilitation récente a permis de concilier confort moderne et patrimoine, tout en préservant son inscription à l’Inventaire des Monuments Historiques depuis 1977.

Les commanditaires, Louis-Gabriel de Lespinay et son épouse Louise Suzanne d’Appelvoisin, fuient la Révolution et périssent en 1793 lors de la Virée de Galerne. Leur fille, Marie Louise Henriette, récupère le bien en 1802 et mène une vie pieuse jusqu’à sa mort. Le bâtiment, passé entre les mains de familles nobles (Rorthais de Monbail, Maupeou d’Ableiges), incarne les mutations économiques de la Vendée : de résidence seigneuriale à site industriel, avant de retrouver une vocation résidentielle. Son histoire reflète les tensions entre préservation et adaptation, typiques du patrimoine français.

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