Frise chronologique
1661
Grande Brulerie de Saint-Malo
Grande Brulerie de Saint-Malo
1661 (≈ 1661)
Incendie imposant l’usage de la pierre.
1723-1725
Construction de l’hôtel
Construction de l’hôtel
1723-1725 (≈ 1724)
Commandé par François-Auguste Magon de la Lande.
25 février 2000
Classement monument historique
Classement monument historique
25 février 2000 (≈ 2000)
Protection officielle du bâtiment.
2005
Rachat par un particulier
Rachat par un particulier
2005 (≈ 2005)
Acquis par Olivier Chereil de La Rivière.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Hôtel (cad. AB 142 à 144) : classement par arrêté du 25 février 2000
Personnages clés
| François-Auguste Magon de la Lande - Armateur et négrier |
Commanditaire de l’hôtel en 1724-1725. |
| Claude François Bidal d’Asfeld - Homme de guerre (1665-1743) |
Éponyme de la rue d’Asfeld. |
| Olivier Chereil de La Rivière - Historien et propriétaire |
Acheteur en 2005 pour restauration. |
| Siméon Garengeau - Ingénieur militaire |
Influence sur l’architecture de l’hôtel. |
Origine et histoire
L’hôtel Magon de la Lande, aussi nommé hôtel d’Asfeld, est un hôtel particulier du 1er quart du XVIIIe siècle situé à Saint-Malo, en Bretagne. Construit entre 1723 et 1725 pour l’armateur et négrier François-Auguste Magon de la Lande, il est l’un des derniers hôtels d’armateurs intra-muros épargnés par les destructions de la Seconde Guerre mondiale. Son nom actuel provient de la rue d’Asfeld, nommée en hommage à Claude François Bidal d’Asfeld (1665-1743). La bâtisse, en granit de Chausey, reflète l’influence militaire de l’époque, avec une architecture sobre et des lambris conservés.
Commandité par Magon de la Lande, directeur de la Compagnie des Indes orientales, l’hôtel illustre le modèle classique parisien, adapté aux négociants malouins : cour, jardin, magasins au rez-de-chaussée et décors intérieurs riches. Il compte 60 pièces, dont 30 avec cheminée, et une superficie de 684 m2. L’édifice conserve des éléments remarquables comme un escalier à rampe droite, des appartements lambrissés, et un tréhori (chambre de domestique en demi-étage). Son portail et ses façades, marqués par des bossages continus, témoignent de l’influence des ingénieurs militaires comme Siméon Garengeau.
Négligé au XXe siècle, l’hôtel est racheté en 2005 par l’historien Olivier Chereil de La Rivière. Classé monument historique depuis le 25 février 2000, il incarne l’âge d’or du commerce maritime malouin, mêlant luxe bourgeois et rigueur architecturale. La pierre, imposée après l’incendie de 1661 (la Grande Brulerie), et la distribution à la parisienne des appartements soulignent son statut d’exception dans le patrimoine local.
La demeure se distingue aussi par son histoire liée à la traite négrière, Magon de la Lande étant un armateur impliqué dans ce commerce. En 1787, elle appartient à la famille Nouail du Fougeray. Aujourd’hui, l’hôtel reste un témoignage rare des hôtels d’armateurs de Saint-Malo, combinant fonction résidentielle, activités commerciales (magasins au rez-de-chaussée) et prestige social.