Frise chronologique
1908
Achat du terrain
Achat du terrain
1908 (≈ 1908)
Pierre-Adrien Marceillac acquiert l’immeuble rue de l’Égalité.
1909-1912
Construction de l’hôtel
Construction de l’hôtel
1909-1912 (≈ 1911)
Réalisé par Antonin Maurou, inauguré en 1912.
1931-1935
Décès des fondateurs
Décès des fondateurs
1931-1935 (≈ 1933)
Pierre-Adrien (1931), Paul (1935), transmission familiale.
1973
Abandon de la restauration
Abandon de la restauration
1973 (≈ 1973)
Jean Marceillac recentre sur l’hébergement.
18 mai 2006
Classement MH
Classement MH
18 mai 2006 (≈ 2006)
Inscription des façades, toitures et atrium.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Les façades sur rue et sur jardin (y compris la marquise) et les toitures ; à l'intérieur, l'atrium central et l'ensemble des espaces qui lui sont liés : tambour d'entrée, kiosque de réception, escalier et galeries de distribution (cad. DE 102) : inscription par arrêté du 18 mai 2006
Personnages clés
| Pierre-Adrien Marceillac - Fondateur et hôtelier |
Initiateur de la construction, ancien cuisinier. |
| Antonin Maurou - Architecte |
Concepteur de l’hôtel, agent voyer de Montauban. |
| Paul Marceillac - Fils et cuisinier |
Cogérant jusqu’en 1935. |
| Adrien Marceillac - Petit-fils, diplômé hôtelier |
Décédé en 1931 à 25 ans. |
| Jean Marceillac - Arrière-petit-fils, gérant |
Dirige l’hôtel de 1952 à 1991. |
Origine et histoire
L'Hôtel Marceillac est un édifice Art nouveau construit à Castelsarrasin (Tarn-et-Garonne) entre 1909 et 1912, à l’initiative de Pierre-Adrien Marceillac, un ancien cuisinier devenu hôtelier. L’architecte Antonin Maurou, agent voyer de Montauban, conçoit un bâtiment moderne avec une façade ornée de motifs végétaux en staff (feuilles de pittosporum) et une structure innovante : un atrium central éclairé par une verrière en acier, distribuant chambres et salles de réception. L’hôtel, inauguré en 1912 sous le nom Hôtel moderne, intègre des meubles des manufactures autrichiennes Thonet et J&J Kohn, dont la chambre 17, exemple rare de mobilier Art nouveau conservé.
Pierre-Adrien Marceillac, né en 1853, débute comme apprenti boucher avant de se former dans des hôtels à Vienne et Toulouse. En 1884, il s’installe à Castelsarrasin et rachète le Grand Hôtel de France et de l’Ange, puis en 1908, un immeuble rue de l’Égalité pour y construire son projet ambitieux. La gestion de l’hôtel reste familiale : son fils Paul (cuisinier) et son petit-fils Adrien (diplômé en hôtellerie) l’accompagnent jusqu’aux décès successifs en 1931-1935. Hélène et Marie-Rose Marceillac reprennent alors l’établissement jusqu’en 1952, avant que Jean Marceillac (petit-fils de Pierre-Adrien) ne modernise l’hôtel jusqu’en 1973, abandonnant la restauration pour se consacrer à l’hébergement.
L’architecture de l’hôtel reflète les codes des grands palais hôteliers de l’époque : distribution symétrique des espaces, galeries desservant les chambres, et décors éclectiques mêlant Art nouveau (ferronneries, motifs végétaux) et Beaux-arts (mascarons néo-rocaille). À l’arrière, une terrasse sous marquise métallique donne sur un jardin où subsiste une rocaille autour d’une pièce d’eau. Les écuries et remises, transformées en garage, complètent l’ensemble. L’hôtel est inscrit aux monuments historiques le 18 mai 2006 pour ses façades, toitures, atrium, et éléments intérieurs (escalier, galeries, kiosque de réception).
La transmission familiale se poursuit jusqu’à aujourd’hui : depuis 1991, Pierre et Marie-Hélène Marceillac, arrière-petits-enfants du fondateur, dirigent l’établissement. Le site conserve des éléments originaux comme des chaises Thonet, des fauteuils Kohn, et des cheminées en marbre, témoignages de son histoire centenaire. Une bibliographie locale (ouvrage de 2012 pour son centenaire) et des articles récents soulignent son statut de joyau de l’Art nouveau en Occitanie, tout en documentant son rôle dans l’histoire touristique et sociale de Castelsarrasin.
Le bâtiment illustre l’adaptation régionale des modèles architecturaux parisiens ou viennois, avec une attention particulière à la lumière naturelle (verrière, marquise) et aux circulations intérieures. Les décors intérieurs, bien que partiellement remaniés, conservent des ensembles cohérents des années 1910-1930, reflétant les évolutions du goût et les innovations techniques de l’époque (structure acier, céramiques vernissées en façade).