Frise chronologique
1910-1911
Construction de l’hôtel
Construction de l’hôtel
1910-1911 (≈ 1911)
Conçu par Hector Guimard pour Paul Mezzara.
1930
Vente aux sœurs Lacascade
Vente aux sœurs Lacascade
1930 (≈ 1930)
Transformation en établissement scolaire privé.
1956
Acquisition par l’Éducation nationale
Acquisition par l’Éducation nationale
1956 (≈ 1956)
Devenu annexe du lycée Jean-Zay.
15 septembre 1994
Inscription aux monuments historiques
Inscription aux monuments historiques
15 septembre 1994 (≈ 1994)
Première protection patrimoniale.
5 juillet 2016
Classement monument historique
Classement monument historique
5 juillet 2016 (≈ 2016)
Protection définitive du bâtiment.
2025
Projet de musée Guimard retenu
Projet de musée Guimard retenu
2025 (≈ 2025)
Bail signé pour 50 ans.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Personnages clés
| Hector Guimard - Architecte |
Concepteur de l’hôtel, figure majeure de l’Art nouveau. |
| Paul Mezzara - Commanditaire et industriel |
Propriétaire initial, spécialiste des textiles et dentelles. |
| Fabien Choné - Porteur du projet musée |
Lauréat du bail en 2025 avec le Cercle Guimard. |
| Léon Jallot - Artiste décorateur |
Collaborateur pour l’aménagement intérieur. |
| Edgar Brandt - Artiste décorateur |
Contributeur aux éléments décoratifs. |
Origine et histoire
L’hôtel Mezzara est un hôtel particulier parisien de style Art nouveau, construit entre 1910 et 1911 par l’architecte Hector Guimard pour Paul Mezzara, industriel vénitien spécialisé dans le textile et la dentelle. Ce dernier, vice-président de la Société des artistes décorateurs comme Guimard, lui confie ce projet en prévision de l’Exposition des arts décoratifs de 1925, initialement prévue avant la Première Guerre mondiale. L’édifice, situé au 60 rue Jean de La Fontaine (16e arrondissement), servait à la fois de résidence, de vitrine pour les tissus de Mezzara et de collaboration avec des artistes décorateurs majeurs de l’époque, tels Léon Jallot ou Edgar Brandt. Mezzara n’y vécut que deux ans avant de le vendre en 1930.
Acquis par les sœurs Lacascade en 1930, l’hôtel est transformé en établissement scolaire privé, puis cédé à l’Éducation nationale en 1956 pour devenir une annexe du lycée Jean-Zay, accueillant des lycéennes en internat. Classé monument historique en 1994 (inscrit) puis en 2016 (classé), il est restauré en 2005 et ouvert ponctuellement au public, notamment lors d’expositions organisées par le Cercle Guimard, association dédiée à la préservation de l’héritage de l’architecte. Entre 2005 et 2015, il apparaît aussi comme décor cinématographique, notamment dans Chéri (2009) de Stephen Frears.
Désaffecté en 2015, l’État tente à plusieurs reprises de le valoriser via des baux emphytéotiques (2021, 2023), sous condition d’ouverture au public. Après des années de mobilisation du Cercle Guimard pour en faire un musée Art nouveau, un projet porté par Fabien Choné et l’association est finalement retenu en 2025. Le futur musée Guimard, prévu pour 2027-2028, abritera des collections privées et des prêts de musées français et américains, bien que des critiques émergent en 2026 sur sa possible disneylandisation par l’association Sites & Monuments.
Architecturalement, l’hôtel Mezzara illustre l’évolution du style Guimard vers 1910 : structures fluides, moulures organicistes et vitraux annonçant l’Art déco. Son intérieur, organisé autour d’un hall central éclairé par une verrière zénithale, conserve des éléments d’origine comme le mobilier de la salle à manger (buffet, table, chaises) dessiné par Guimard, ou une toile pointilliste de Charlotte Chauchet-Guilleré, Le Repos. Le bâtiment incarne ainsi un manifeste inachevé de l’Art nouveau, mêlant innovation technique et collaboration artistique.
La postérité de l’hôtel est marquée par son statut de symbole des tensions entre préservation patrimoniale et enjeux économiques. Son histoire reflète les mutations de Paris au XXe siècle : passage d’une demeure bourgeoise à un équipement public, puis à un projet culturel controversé. Les débats autour de sa reconversion soulignent l’équilibre délicat entre accessibilité, commercialisation et respect de l’intégrité historique, notamment pour un édifice aussi représentatif d’une période charnière de l’histoire de l’art.