Origine et histoire de l'Hôtel Michotey
L’hôtel Michotey, situé au 14 rue Mégevand à Besançon, est un hôtel particulier construit au début du XVIIIe siècle. Il se distingue par une façade principale avec un avant-corps central surmonté d’un fronton triangulaire, un balcon à l’étage noble, et un escalier extérieur symétrique à double volée, rare dans la région. Le bâtiment comprend un logis principal et trois logis secondaires, dont l’un donne directement sur la rue. Les caves voûtées en berceau et les détails architecturaux, comme les rampes en ferronnerie, témoignent de son prestige d’origine.
En 1723, l’hôtel est vendu par Claudine Marchand, épouse de Claude Etiard (ancien greffier), à Antoine Richer, directeur des postes de Besançon. En 1743, il passe entre les mains de Gilles Levacher, chirurgien-major des hôpitaux, qui confie à l’architecte Claude-François Pillot la restauration de la façade, alors limitée à un seul étage carré. L’hôtel est ensuite acquis en 1786 par le sieur Michotey, président au parlement de Besançon et protecteur des arts, qui entreprend d’importants réaménagements, incluant la surélévation d’un étage et la décoration intérieure.
Le jardin de l’hôtel abrite un pavillon de musique, classé monument historique depuis 2007, datant de 1725 ou 1733. Ce pavillon, orné de stucs et de lambris, présente une frise sculptée et une voussure de feuilles, reflétant le goût artistique de l’époque. Une grotte artificielle en rocaille, aujourd’hui détruite, complétait autrefois cet ensemble. En 2019, des travaux de rénovation ont révélé une plaque de cheminée de 1668 aux armoiries de Franche-Comté, tandis qu’en 2025, la restauration du pavillon de musique est lancée grâce à la Fondation du patrimoine.
Après 1940, l’hôtel est vendu et son jardin acquis par le grand séminaire de Besançon. Le logis secondaire droit, perpendiculaire au corps principal, conserve une surélévation du XIXe siècle avec balcon. Aujourd’hui, le rez-de-chaussée accueille les locaux du paysagiste Emmanuel Parisot, tandis que le pavillon de musique et son décor restent protégés pour leur valeur patrimoniale exceptionnelle.