Frise chronologique
1781
Construction de l’hôtel
Construction de l’hôtel
1781 (≈ 1781)
Bâti par Brongniart pour le comte de Montesquiou.
1851
Acquisition par les bénédictines
Acquisition par les bénédictines
1851 (≈ 1851)
Ajout d’un cloître et chapelle néo-gothiques.
1938-1951
Transformations par l’État
Transformations par l’État
1938-1951 (≈ 1945)
Destruction cloître/chapelle, bâtiment administratif érigé.
1959
Création du ministère de la Coopération
Création du ministère de la Coopération
1959 (≈ 1959)
Initié par de Gaulle pour les ex-colonies.
1960-2008
Siège du ministère de la Coopération
Siège du ministère de la Coopération
1960-2008 (≈ 1984)
Lieu de gestion de l’aide française.
1992
Classement monument historique
Classement monument historique
1992 (≈ 1992)
Protection façade et jardin.
2007
Vente de l’hôtel
Vente de l’hôtel
2007 (≈ 2007)
Abandon progressif jusqu’en 2008.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Personnages clés
| Alexandre-Théodore Brongniart - Architecte |
Concepteur de l’hôtel en 1781. |
| Anne-Pierre de Montesquiou - Commanditaire et premier propriétaire |
Comte de Fézensac, premier écuyer. |
| Charles de Gaulle - Président de la République |
Fonda le ministère en 1959. |
| Clément Parent - Architecte |
Auteur du cloître néo-gothique (1851). |
| Architecte Martin - Architecte (XXe siècle) |
Conçut le bâtiment administratif (1951). |
Origine et histoire
L’hôtel Montesquiou-Fezensac, situé au 20 rue Monsieur dans le 7e arrondissement de Paris, fut construit en 1781 par l’architecte Alexandre-Théodore Brongniart pour Anne-Pierre de Montesquiou, comte de Fézensac et premier écuyer du comte de Provence (futur Louis XVIII). L’édifice, typique des hôtels particuliers parisiens de la fin du XVIIIe siècle, fut acquis en 1851 par les bénédictines de l’Adoration perpétuelle, qui y ajoutèrent un cloître et une chapelle néo-gothiques, aujourd’hui disparus.
À partir de 1938, l’État français acquiert l’hôtel et entreprend des transformations majeures : la chapelle et le cloître sont rasés en 1938, puis remplacés en 1951 par un bâtiment administratif conçu par l’architecte Martin. Ces modifications effacent une partie des décors d’origine, bien que subsiste un escalier avec une rampe en fer forgé du XVIIIe siècle, témoin de son faste initial.
De 1960 à 2008, l’hôtel abrite le ministère de la Coopération, créé en 1959 par le général de Gaulle pour gérer les relations avec les anciens territoires coloniaux nouvellement indépendants. Ce ministère, distinct du Quai d’Orsay, y centralise l’aide technique, militaire et économique vers l’Afrique subsaharienne, les Caraïbes et, à partir de 1995, les pays africains anglophones et lusophones. Son champ d’action s’élargit progressivement, intégrant des outils comme la Caisse française de développement (CFD) pour financer des projets d’investissement.
Le ministère quitte les lieux en 2008 après la vente de l’hôtel en 2007. Ses archives et sa bibliothèque, riches de documents sur la coopération française depuis 1959, sont transférées en 2001 au Centre des archives diplomatiques de Nantes, puis à La Courneuve en 2017. L’hôtel, classé monument historique en 1992 pour sa façade et son jardin, incarne aujourd’hui à la fois l’héritage architectural de l’Ancien Régime et un pan de l’histoire politique française postcoloniale.