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Hôtel Pas de Beaulieu à Montpellier dans l'Hérault

Hôtel Pas de Beaulieu

    8 Bis Rue du Cannau
    34000 Montpellier
Propriété d'une société privée ; propriété privée
Crédit photo : Bli - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1700
1800
1900
2000
1618 et 1672
Acquisition des deux maisons médiévales
1672
Construction du grand escalier
1717
Revente de l’ensemble immobilier
1748
Propriété de François Pas de Beaulieu
20 janvier 1964
Classement Monument Historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Façade sur rue, y compris les trois grilles d'appui en fer forgé ; toiture correspondante ; grand escalier dans la cour (cad. L 2052) : inscription par arrêté du 20 janvier 1964

Personnages clés

François Pas de Beaulieu - Conseiller à la Cour des Comptes Propriétaire en 1748, commanditaire présumé des aménagements.
Antoine Giral - Architecte ou maître d’œuvre Responsable de l’escalier en 1672.
Jean Vivens - Avocat et propriétaire Commanditaire de l’escalier en 1672.
Jean-Jacques Duveil - Bourgeois propriétaire Réfection de la façade après 1717.

Origine et histoire

L’Hôtel Pas de Beaulieu s’inscrit dans un quartier médiéval de Montpellier, recoupé au XIIIe siècle par la rue Saint-Firmin, axe reliant les quartiers commerçants au château. À l’origine, deux maisons du XVIIe siècle occupaient l’emplacement : l’une acquise en 1618, l’autre en 1672, avant d’être unifiées sous un même propriétaire. Ces maisons furent revendues en 1717, puis achetées en 1748 par François Pas de Beaulieu, conseiller à la Cour des Comptes, qui y fit probablement ajouter l’escalier monumental et la façade ornée de grilles en fer forgé aux initiales entrelacées P et D (ses initiales et celles de son épouse).

La façade principale, sobre et symétrique, s’organise sur deux étages et un rez-de-chaussée, avec trois baies alignées par niveau. Les fenêtres du premier étage se distinguent par leurs clefs sculptées et leurs grilles d’appui en fer forgé. L’intérieur révèle un escalier remarquable, composé de trois volées droites par étage, soutenu par des arcs en anse de panier et des culs-de-lampe sculptés de feuillages. Les paliers, portés par des arcs et des pendentifs, illustrent une ingéniosité structurelle rare, tandis que les balustres carrés et les moulures ornent l’ensemble avec élégance.

Les archives signalent qu’en 1672, une quittance mentionne la construction d’un grand escalier sous la direction de l’architecte Antoine Giral, pour le compte de Jean Vivens, avocat et propriétaire des lieux. Après 1717, le bourgeois Jean-Jacques Duveil entreprit probablement la réfection du corps de façade. Aucune trace visible des maisons médiévales d’origine ne subsiste, mais leur fusion au XVIIe siècle posa les bases de l’hôtel actuel. Classé Monument Historique en 1964, l’édifice protège aujourd’hui sa façade, ses grilles et son escalier, propriétés privées.

Le site occupe une place symbolique dans l’évolution urbaine de Montpellier, où le remembrement de parcelles médiévales au profit d’hôtels particuliers reflète l’ascension sociale de la bourgeoisie et des officiers royaux aux XVIIe et XVIIIe siècles. Les initiales en fer forgé, les arcs en anse de panier et les sculptures végétales témoignent d’un art de vivre raffiné, mêlant fonctionnalité et décoration, caractéristique des résidences aristocratiques de l’Ancien Régime.

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