Frise chronologique
vers 1562
Construction initiale
Construction initiale
vers 1562 (≈ 1562)
Par Paul Lombard pour la famille Peyronetti
1620
Rénovation de la façade
Rénovation de la façade
1620 (≈ 1620)
Jean Lombard s’inspire de La Tour-d'Aigues
1830
Société politique *La Cougourde*
Société politique *La Cougourde*
1830 (≈ 1830)
Lieu de réunions post-révolutionnaires
XVIIIe siècle
Changement de propriétaires
Changement de propriétaires
XVIIIe siècle (≈ 1850)
Passage aux Miollis, naissances notables
XIXe siècle
Ajout d’un étage et persiennes
Ajout d’un étage et persiennes
XIXe siècle (≈ 1865)
Modifications architecturales tardives
21 mars 1983
Classement monument historique
Classement monument historique
21 mars 1983 (≈ 1983)
Protection de la façade et éléments intérieurs
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
La façade sur rue, y compris la porte d'entrée avec ses vantaux, le vestibule d'entrée, et l'escalier à balustres avec sa cage (cad. AB 117) : classement par arrêté du 21 mars 1983
Personnages clés
| Paul Lombard - Architecte |
Conçoit l’hôtel vers 1562 |
| Jean Lombard - Architecte |
Remanie la façade en 1620 |
| Famille Peyronetti - Commanditaires initiaux |
Vendeurs de bœufs, propriétaires originels |
| Sextius de Miollis - Général |
Né dans l’hôtel en 1759 |
| Mgr Bienvenu de Miollis - Évêque |
Inspira *Les Misérables* de Victor Hugo |
Origine et histoire
L’hôtel Peyronetti, situé 13 rue Aude à Aix-en-Provence, fut construit vers 1562 pour la famille Peyronetti par l’architecte Paul Lombard. La façade, initialement sobre, fut remaniée en 1620 par Jean Lombard, qui s’inspira du château de La Tour-d'Aigues (1580), ajoutant des éléments décoratifs comme des bucranes et des pilastres. Ces motifs, symboles de prestige, évoquaient la profession du propriétaire, vendeur de bœufs pour l’armée provinciale, tout en s’inscrivant dans une esthétique antique romaine.
Au XVIIIe siècle, l’hôtel passa à la famille Miollis, dont deux figures marquantes : Mgr Bienvenu de Miollis, source d’inspiration pour Victor Hugo (Monseigneur Myriel dans Les Misérables), et le général Sextius de Miollis, né dans ces murs en 1759. Après la Révolution de 1830, le lieu abritera même une société politique nommée La Cougourde, en référence à une courge découverte sur place. Un second étage fut ajouté au XIXe siècle, tandis que des persiennes et des mascarons sculptés (XIXe) vinrent compléter le décor.
Classé monument historique en 1983, l’hôtel conserve des éléments remarquables : une porte en noyer à bossages vermiculés, des ferronneries du XVIIe siècle, et des frises à bucranes. Le rez-de-chaussée, d’ordre toscan rustique, fut transformé au fil des siècles, ses anciennes remises devenant des boutiques. L’iconographie, mêlant armes et symboles bovins, illustre l’ascension sociale de ses propriétaires, alliant fonction utilitaire et ambition noble.
L’édifice témoigne ainsi des évolutions architecturales et sociales d’Aix-en-Provence, entre Renaissance et époque moderne. Son décor, à la fois professionnel et prestigieux, reflète les stratégies de distinction d’une bourgeoisie marchande en quête de légitimité. Les sources, comme les travaux de Bouyala d’Arnaud ou Chol, soulignent son rôle dans le patrimoine aixois, entre histoire locale et influence littéraire.