Frise chronologique
1910
Début du projet Mercedes Palace
Début du projet Mercedes Palace
1910 (≈ 1910)
Achat du terrain par M. Gelly, travaux interrompus.
1913
Ouverture de l’hôtel Ruhl
Ouverture de l’hôtel Ruhl
1913 (≈ 1913)
Rachat et achèvement par Henry Ruhl.
1914-1918
Hôpital militaire n°75
Hôpital militaire n°75
1914-1918 (≈ 1916)
Réquisition pendant la Première Guerre mondiale.
1920
Rachat par les Giorgetti
Rachat par les Giorgetti
1920 (≈ 1920)
Devenu Palace-Hôtel puis hôtel Radio.
1937
Intégration à la SGHV
Intégration à la SGHV
1937 (≈ 1937)
Rachat par la Société des Grands Hôtels.
1939-1945
Seconde Guerre mondiale
Seconde Guerre mondiale
1939-1945 (≈ 1942)
Hôpital puis siège de ministères.
1945
Transformation en résidence
Transformation en résidence
1945 (≈ 1945)
Devenu Palais des Parcs (130 appartements).
4 mars 1991
Classement Monument historique
Classement Monument historique
4 mars 1991 (≈ 1991)
Protection de la salle de restaurant.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Salle de restaurant avec son décor de stuc (cad. AX 95) : inscription par arrêté du 4 mars 1991
Personnages clés
| Antoine Chanet - Architecte |
Concepteur de l’hôtel, actif à Vichy. |
| Henry Ruhl - Propriétaire et hôtelier |
Acheva et ouvrit l’hôtel en 1913. |
| Frédéric Ruhl - Directeur de l’hôtel |
Frère d’Henry, géra l’établissement. |
| Joseph Aletti - Directeur puis président SGHV |
Dirigea l’hôtel Radio et la SGHV. |
| Général Bergeret - Secrétaire d’État à l’Aviation |
Occupa l’hôtel sous le régime de Vichy. |
Origine et histoire
L’hôtel Ruhl, initialement nommé Mercedes Palace, fut conçu en 1910 par l’architecte Antoine Chanet pour un commanditaire parisien, M. Gelly. Les travaux, interrompus en 1911 pour des raisons financières, reprirent en 1913 sous l’impulsion d’Henry Ruhl, hôtelier suisse naturalisé britannique. Ouvert la même année, l’établissement se distinguait par son luxe inégalé à Vichy : 350 chambres dotées chacune d’une salle de bains, une rareté pour l’époque. Son architecture imposante (9 étages, 2 296 m2) et son emplacement central, entre le parc des Sources et l’Allier, en firent un symbole de la prospérité thermale.
Durant la Première Guerre mondiale (1914-1918), l’hôtel fut réquisitionné comme hôpital militaire (n°75), accueillant des blessés en complément des hôpitaux voisins. En 1914, une saisie financière — et non une prétendue nationalité allemande d’Henry Ruhl — marqua son histoire. Après-guerre, il changea plusieurs fois de mains : racheté en 1920 par les époux Giorgetti, renommé Palace-Hôtel puis hôtel Radio en 1922 (pour surfer sur l’engouement pour la radiophonie), avant d’être intégré en 1937 à la Société des Grands Hôtels de Vichy (SGHV), dirigée par Joseph Aletti.
La Seconde Guerre mondiale vit l’hôtel servir à nouveau d’hôpital militaire (1939-1940), puis abriter des ministères du régime de Vichy, comme le secrétariat d’État à l’Aviation (général Bergeret) à partir de 1942. Libéré en 1944, il redevint hôpital jusqu’en 1945. La désaffection des cures thermales après-guerre scella son sort : transformé en résidence privée (Palais des Parcs) dès 1945, ses 350 chambres furent converties en 130 appartements. Seul vestige de son faste passé, la salle de restaurant, classée Monument historique en 1991, conserve un décor néo-Louis XVI mêlant stucs, verrières et motifs Art Nouveau.
L’architecture de l’hôtel, typique de la Belle Époque, allie gigantisme et élégance. Le rez-de-chaussée à bossages, les balcons-loggias et les huit étages (dont quatre sous combles) reflètent l’ambition de ses concepteurs. La salle à manger, chef-d’œuvre décoratif, présente une voûte en arc de cloître ornée de verres peints et de toiles hellénisantes représentant des danseuses. Les façades, inchangées depuis 1913, contrastent aujourd’hui avec leur état dégradé, malgré la persistance de l’édifice comme l’un des plus hauts de Vichy.
Symbole des fastes thermaux, l’hôtel Ruhl incarne aussi les bouleversements du XXe siècle. De palace luxueux à résidence anonyme, son histoire croise celles des deux guerres mondiales, de l’occupant allemand, et du déclin des stations thermales. Son classement partiel en 1991 souligne l’importance patrimoniale de ses décors intérieurs, derniers témoignages d’une époque où Vichy rivalisait avec Paris ou la Côte d’Azur.