Frise chronologique
1749
Achat par Jean Guitern du Defaye
Achat par Jean Guitern du Defaye
1749 (≈ 1749)
Médecin du Roi, propriétaire en 1757
1762
Vente à Pierre Charpentier de Lanvaux
Vente à Pierre Charpentier de Lanvaux
1762 (≈ 1762)
Seigneur propriétaire jusqu’à la Révolution
1790-1800
Réquisition révolutionnaire
Réquisition révolutionnaire
1790-1800 (≈ 1795)
Logement des officiers d’état-major
1802
Séjour de Mgr de Pancemont
Séjour de Mgr de Pancemont
1802 (≈ 1802)
Évêque concordataire temporaire
1er quart du XVIIIe siècle
Construction de l’hôtel actuel
Construction de l’hôtel actuel
1er quart du XVIIIe siècle (≈ 1825)
Remplace un bâtiment du XVIIe siècle
1er mars 1945
Inscription aux Monuments Historiques
Inscription aux Monuments Historiques
1er mars 1945 (≈ 1945)
Façades, toiture, boiseries, escalier protégés
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Les façades sur rue, la toiture, les boiseries anciennes du premier étage et l'escalier (cad. K 2011) : inscription par arrêté du 1er mars 1945
Personnages clés
| Jean Guitern du Defaye - Médecin ordinaire du Roi |
Propriétaire en 1757, rénove l’hôtel |
| Pierre Jean-Baptiste Louis Charpentier de Lanvaux - Seigneur et propriétaire |
Modifie les façades néo-classiques fin XVIIIe |
| Mgr de Pancemont - Évêque concordataire de Vannes |
Occupe l’hôtel en 1802 |
| Edmond Ferrary - Traiteur et pâtissier-confiseur |
Propriétaire au XIXe siècle |
| Famille Harscouët de Saint-Georges - Propriétaires au XIXe siècle |
Donne son nom à l’hôtel |
Origine et histoire
L’hôtel Saint-Georges est un ancien hôtel particulier situé à Vannes, dans le Morbihan, édifié au 1er quart du XVIIIe siècle sur l’emplacement d’un bâtiment du XVIIe siècle détruit à la fin de ce même siècle. Il appartient initialement à la famille Charpentier de Lenvos, puis est réquisitionné pendant la Révolution française pour loger les officiers de l’état-major. En 1802, il accueille temporairement Mgr de Pancemont, évêque concordataire de Vannes, avant son installation officielle au couvent des Carmes. Au XIXe siècle, l’hôtel passe entre les mains d’Edmond Ferrary, traiteur réputé, puis de la famille Harscouët de Saint-Georges, qui lui donne son nom actuel.
L’architecture de l’hôtel, sobre et classique, se distingue par ses trois niveaux : un rez-de-chaussée en granite, des étages en pierre blanche, et une façade sur la rue des Orfèvres recouverte de tuffeau. Les ouvertures en plein cintre, les balcons en fer forgé, et les lucarnes à frontons triangulaires animent les façades. À l’intérieur, un escalier en bois du XVIIe siècle, vestige du bâtiment initial, coexiste avec des boiseries anciennes du premier étage. La cour, dallée et bordée de deux ailes asymétriques, conserve une cuisine historique avec sa cheminée en granit, accessible depuis une venelle menant à la rue de la Monnaie.
Classé monument historique depuis le 1er mars 1945, l’hôtel protège ses façades sur rue, sa toiture, ses boiseries du premier étage et son escalier. Les archives révèlent une évolution complexe : construit entre 1677 et 1757, probablement à la fin du XVIIe siècle, il est modifié au XVIIIe siècle dans un style néo-classique par Pierre Jean-Baptiste Louis Charpentier, seigneur de Lanvaux. Réquisitionné pendant la Révolution, il abrite aussi un comité de surveillance. Au XIXe siècle, des transformations adaptent ses écuries en boutiques, tandis que la famille Saint-Georges y appose son nom.
Les sources mentionnent également des propriétaires marquants, comme Jean Guitern du Defaye, médecin du Roi en 1757, ou Pierre Grimon, docteur en médecine qui revend l’hôtel en 1762. Les archives cadastrales évoquent enfin Edmond Ferrary, pâtissier-confiseur médaillé, qui aménage un potager au deuxième étage pour ses préparations culinaires. L’hôtel illustre ainsi l’évolution des usages d’un bâtiment aristocratique, passant de résidence privée à lieu de pouvoir révolutionnaire, puis à espace artisanal et commercial.
Aujourd’hui, l’hôtel Saint-Georges reste un témoignage de l’architecture civile vannetaise du XVIIIe siècle, mêlant sobriété classique et détails ornementaux, tout en portant les traces des transformations sociales et politiques de la Bretagne moderne.