Logo Musée du Patrimoine

Tout le patrimoine français classé par régions, départements et villes

Hôtel Tiersonnier à Nevers dans la Nièvre

Patrimoine classé Patrimoine urbain Hotel particulier classé

Hôtel Tiersonnier à Nevers

  • 48 Rue Saint-Étienne
  • 58000 Nevers
Hôtel Tiersonnier à Nevers
Hôtel Tiersonnier à Nevers
Hôtel Tiersonnier à Nevers
Hôtel Tiersonnier à Nevers
Hôtel Tiersonnier à Nevers
Crédit photo : Cypris - Sous licence Creative Commons
Propriété privée
58000 Nevers, 48 Rue Saint-Étienne

Frise chronologique

Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1800
1900
2000
avant 1776
Construction de l’hôtel
29 avril 1946
Classement Monument Historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Hôtel Tiersonnier : inscription par arrêté du 29 avril 1946

Personnages clés

Eloy Tiersonnier (1754-1838) - Commanditaire et propriétaire Conseiller du roi, receveur des impositions.

Origine et histoire de l'Hôtel Tiersonnier

L’hôtel Tiersonnier est un édifice emblématique du patrimoine nivernais, érigé avant 1776 pour Eloy Tiersonnier (1754-1838), conseiller du roi et receveur des impositions de l’élection de Moulins. Ce monument se distingue par son implantation sur un terrain exigu de la rue Saint-Étienne, où son architecte a optimisé l’espace en organisant le corps de logis directement sur la voie publique. La façade, d’une symétrie parfaite, s’élève sur trois niveaux rythmés par des baies variées, tandis que l’étage noble arbore des garde-corps en ferronnerie finement ouvragés, typiques du goût aristocratique du XVIIIe siècle.

La distribution intérieure reflète une hiérarchie sociale marquée : les pièces de réception occupent les étages supérieurs, tandis que les services et les remises pour carrosses sont relégués au rez-de-chaussée et dans la cour, accessible par un portail donnant sur la rue du Sort. Cet agencement « entre cour et jardin », bien que réduit ici à une cour étroite, rappelle les grands hôtels parisiens de la même époque. L’inscription de l’hôtel aux Monuments Historiques en 1946 souligne son importance comme témoin de l’urbanisation et des aspirations sociales de la bourgeoisie nivernaise sous l’Ancien Régime.

Le commanditaire, Eloy Tiersonnier, incarne la mobilité sociale caractéristique du siècle des Lumières. Issu d’une famille anoblie par ses fonctions fiscales, il symbolise l’ascension des élites provinciales, dont le pouvoir économique se traduit par des résidences urbaines ostentatoires. L’hôtel, par son décor sobre mais élégant, illustre aussi le passage progressif du style rocaille, dominant dans la première moitié du siècle, vers un classicisme plus épuré, annonciateur du néoclassicisme.

Contrairement aux hôtels aristocratiques plus anciens de Nevers, comme l’hôtel de Fontenay ou l’hôtel des Bordes, l’hôtel Tiersonnier se distingue par son intégration dans le tissu urbain dense, sans jardin arrière. Cette particularité reflète les contraintes foncières croissantes dans les villes provinciales au XVIIIe siècle, où l’aristocratie et la haute bourgeoisie rivalisent pour marquer leur statut par l’architecture, malgré l’exiguïté des parcelles disponibles.

La conservation de l’hôtel Tiersonnier, malgré les transformations urbaines ultérieures, offre un témoignage précieux des modes de vie et des ambitions architecturales de la bourgeoisie d’office sous Louis XVI. Son classement parmi les Monuments Historiques protège non seulement sa structure, mais aussi les éléments décoratifs intérieurs et extérieurs, comme les ferronneries ou les boiseries, qui reflètent le savoir-faire artisanal nivernais de l’époque.

Liens externes

Autres patrimoines et monuments aux alentours