Frise chronologique
1730
Achat par André Evrard Warnet
Achat par André Evrard Warnet
1730 (≈ 1730)
Rachat à Thomas Allonge, brasseur.
2e moitié du XVIIe siècle
Construction initiale
Construction initiale
2e moitié du XVIIe siècle (≈ 1750)
Corps de logis et escalier en bois sculpté.
1774
Agrandissement de la propriété
Agrandissement de la propriété
1774 (≈ 1774)
Acquisition maison et porte cochère.
1876
Acquisition par Léon César Bernier
Acquisition par Léon César Bernier
1876 (≈ 1876)
Transformation en étude notariale.
2002-2003
Classement monument historique
Classement monument historique
2002-2003 (≈ 2003)
Protection totale des bâtiments et cour.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
La totalité des bâtiments, ainsi que la cour et son mur d'enceinte, composant l'hôtel (cad. AB 300 à 302) : inscription par arrêté du 14 octobre 2002, modifiée par arrêté du 7 avril 2003
Personnages clés
| André Evrard Warnet - Conseiller du Roi et président de l’élection de Guise |
Acquéreur en 1730, commanditaire des décors. |
| André François Quentin Warnet - Fils d’André Evrard Warnet |
Agrandit la propriété en 1774. |
| Thomas Allonge - Marchand brasseur |
Ancien propriétaire avant 1730. |
| Léon César Bernier - Notaire à Guise |
Propriétaire à partir de 1876. |
Origine et histoire
L’hôtel Warnet est un hôtel particulier situé à Guise, dans le département de l’Aisne, en région Hauts-de-France. Construit durant la seconde moitié du XVIIe siècle et remanié au XVIIIe siècle, il illustre l’architecture résidentielle des élites provinciales de cette époque. L’édifice se distingue par son corps de logis régulier ouvrant sur la place d’Armes, complété par une aile de communs en retour d’équerre, dont les arcades au rez-de-chaussée datent de la transformation d’une ancienne brasserie en dépendances domestiques (fournil, buanderie). Une écurie, probablement ajoutée au début du XIXe siècle, et les vestiges d’un jeu de paume (mentionné en 1730 mais aujourd’hui disparu) complétaient initialement l’ensemble.
L’hôtel doit son nom à la famille Warnet, notamment André Evrard Warnet, conseiller du Roi et président de l’élection de Guise, qui l’acquit en 1730 auprès de Thomas Allonge, marchand brasseur. Warnet et son fils, André François Quentin Warnet, ont largement contribué aux aménagements intérieurs, dont un escalier en bois sculpté datant de la construction, ainsi qu’à des décors muraux préservés (salons rocaille inspirés de François Boucher). En 1774, la propriété s’agrandit avec l’achat d’une maison mitoyenne et d’une porte cochère, formant l’ensemble actuel. Après plusieurs transmissions familiales, l’hôtel fut acquis en 1876 par le notaire Léon César Bernier, qui y installa son étude et sa résidence.
Classé monument historique en 2002 et 2003, l’hôtel Warnet témoigne de l’adaptation des modes parisiennes (décors rocaille, boiseries) dans une demeure provinciale. Ses éléments protégés incluent l’intégralité des bâtiments, la cour et son mur d’enceinte. Le salon de compagnie, avec ses dessus-de-porte copiés de François Boucher, et les chambres conservant leur décor d’origine, reflètent l’évolution des goûts aristocratiques entre le XVIIe et le XIXe siècle. Aujourd’hui, la propriété reste en mains privées, préservant sa disposition historique.
Situé 113-123 place d’Armes, l’hôtel s’inscrit dans le Grand Faubourg, quartier développé hors des remparts médiévaux de Guise à partir du XVIIe siècle. Ce secteur concentrait les demeures des notables locaux (magistrats, marchands), symbolisant leur pouvoir économique et social. La conservation de l’hôtel, incluant sa porte cochère détachée et sa maison annexe, offre un exemple rare de l’urbanisme provincial d’Ancien Régime, marqué par l’influence des modèles architecturaux parisiens.