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Hypogées de Fontvieille dans les Bouches-du-Rhône

Patrimoine classé Vestiges Gallo-romain Hypogée

Hypogées de Fontvieille

    Route de l'Acqueduc
    13990 Fontvieille
Propriété privée
Crédit photo : Odejea - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Âge du Fer
Antiquité
Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
100 av. J.-C.
0
1700
1800
1900
2000
IVe millénaire av. J.-C. (seconde moitié)
Construction des hypogées
IIIe millénaire av. J.-C.
Utilisation prolongée
1779
Première mention écrite
1866
Découverte de Bounias et la Source
1876
Fouilles du Castelet et de la Source
1889
Classement Monument Historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

La grotte-dolmen (cad. E 406p) : classement par liste de 1889

Personnages clés

Jean Guilaine - Archéo-anthropologue A étudié leur architecture et fonction cérémonielle.
Louis Mathieu Anibert - Historien local (XVIIIe s.) Premier à décrire l'hypogée de Cordes.
Paul Cazalis de Fondouce - Archéologue (XIXe s.) Fouilla le Castelet et nomma l'hypogée de la Source.
Fernand Benoit - Historien provençal Étudia le tumulus de la Source.
Marius Huart - Directeur du musée Lapidaire d'Arles Fouilla la Source en 1876.

Origine et histoire

Les hypogées de Fontvieille, autrefois appelés hypogées d'Arles-Fontvieille, datent du Chalcolithique (seconde moitié du IVe millénaire av. J.-C.) et furent utilisés jusqu’au IIIe millénaire. Situés sur la commune de Fontvieille (Bouches-du-Rhône), ces monuments ne sont ni des grottes artificielles ni des dolmens classiques, mais des tranchées couvertes de dalles mégalithiques, organisées en trois parties : un couloir descendant, une antichambre et une chambre funéraire rectangulaire. Leur homogénéité architecturale suggère une construction contemporaine, reflétant un savoir-faire technique avancé pour l’époque. Quatre hypogées principaux — Bounias, la Source, le Castelet (ou Arnaud-Castelet) et Cordes (dit « Grotte des Fées ») — sont répartis autour de la montagne de Cordes, associés au dolmen de Coutignargues.

L’hypogée de Cordes, le plus monumental (42 m de long), se distingue par un escalier de 10,50 m menant à un vestibule symétrique et une galerie terminale de 25 m, recouverte de dalles épaisses jusqu’à 1,30 m. Son caractère surdimensionné et sa position dominante ont conduit Jean Guilaine à y voir un possible sanctuaire cérémoniel plutôt qu’une simple tombe collective. À proximité, une dalle brisée de 7 m, peut-être un menhir indicateur, renforce son mystère. Les trois autres hypogées, plus modestes, furent découverts au XIXe siècle : Bounias et la Source en 1866 par un adjoint au maire, livrant des ossements et des artefacts (pointes de flèches, perles, céramiques), tandis que le Castelet, fouillé en 1876, révéla un mobilier exceptionnel (584 perles, armatures de flèches, brassard d’archer).

Ces hypogées mêlent folklore et histoire : l’hypogée de Cordes, associé à des légendes (fées, Roland de Roncevaux, trésor mauresque), fut mentionné dès 1779 par Louis Mathieu Anibert. Classés Monuments Historiques (dès 1889 pour certains), ils témoignent des pratiques funéraires et symboliques des sociétés protohistoriques méditerranéennes. Seul l’hypogée du Castelet, propriété communale, est accessible au public ; les autres, sur des terrains privés, restent préservés. Leur étude, notamment par Jean Guilaine ou Fernand Benoit, a permis de les rattacher aux allées couvertes et d’éclairer leur rôle dans le paysage mégalithique régional.

L’hypogée de la Source, le plus petit (16,60 m), présente des gravures rituelles (cupules, motifs curvilignes) sur une dalle, tandis que son tumulus de 38 m de diamètre était ceint d’un péristalithe aujourd’hui disparu. Les fouilles y ont exhumé des objets en cuivre, stéatite et os, confirmant leur usage funéraire. L’hypogée du Castelet, avec sa rampe en « demi-pirogue », livra des vestiges uniques, comme une vertèbre percée d’une flèche, illustrant des pratiques violentes ou rituelles. Ces monuments, bien que pillés à des époques indéterminées, offrent un éclairage précieux sur les croyances et l’organisation sociale du Chalcolithique provençal.

Leur contexte géographique — la montagne de Cordes, proche des Alpilles — et leur proximité avec Arles (alors place majeure du commerce néolithique) suggèrent un réseau d’échanges et une hiérarchie sociale complexe. Les hypogées, par leur architecture mixte et leur mobilier, se rattachent à une tradition méditerranéenne plus large, comme le souligne Franck Chevalier. Leur préservation, malgré les fouilles anciennes peu rigoureuses, en fait des témoins irremplaçables de la transition entre Néolithique et Âge du Bronze en Provence.

Liens externes