Frise chronologique
1825-1827
Création de la digue de Grenelle
Création de la digue de Grenelle
1825-1827 (≈ 1826)
Construction initiale en maçonnerie pour le port fluvial.
1830
Plantation des premiers arbres
Plantation des premiers arbres
1830 (≈ 1830)
Aménagement paysager par la Société concessionnaire.
1889
Inauguration de la statue de la Liberté
Inauguration de la statue de la Liberté
1889 (≈ 1889)
Réplique offerte par les Français des États-Unis.
1900
Construction du pont Rouelle
Construction du pont Rouelle
1900 (≈ 1900)
Pont ferroviaire pour l’Exposition universelle.
1932
Projet Aéroparis abandonné
Projet Aéroparis abandonné
1932 (≈ 1932)
Piste d’atterrissage rejetée pour préserver les arbres.
1937
Exposition internationale et agrandissement
Exposition internationale et agrandissement
1937 (≈ 1937)
Surface portée à 32 000 m² temporairement.
1968
Reconstruction du pont de Grenelle
Reconstruction du pont de Grenelle
1968 (≈ 1968)
Modernisation et abaissement de la plate-forme aval.
2012
Aménagements sportifs
Aménagements sportifs
2012 (≈ 2012)
Ajout d’un mur d’escalade en extrémité aval.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Personnages clés
| Léonard Violet - Entrepreneur et conseiller municipal |
Initiateur du projet du port de Grenelle. |
| Alphonse Letellier - Entrepreneur et conseiller municipal |
Co-initiateur du port et de la digue. |
| Frédéric-Auguste Bartholdi - Sculpteur |
Auteur de la réplique de la statue de la Liberté. |
| André Lurçat - Architecte |
Propose le projet utópique *Aéroparis* en 1932. |
| Sadi Carnot - Président de la République |
Inaugure la statue en 1889. |
| Holger Wederkinch - Sculpteur |
Auteur de *La France renaissante* (belvédère). |
Origine et histoire
L’île aux Cygnes, initialement nommée digue de Grenelle, fut construite entre 1825 et 1827 comme élément clé du port fluvial de Grenelle, dans le cadre d’un projet d’urbanisme mené par les entrepreneurs Léonard Violet et Alphonse Letellier. Cette digue en maçonnerie visait à rendre navigable la Seine sur sa rive droite, tout en protégeant la plaine de Grenelle des crues et des marécages insalubres. Des arbres y furent plantés dès 1830 par la Société concessionnaire du pont et du port.
En 1889, l’île accueillit une réplique de la statue de la Liberté, offerte par les Français établis aux États-Unis pour le centenaire de la Révolution, inaugurée par le président Sadi Carnot. À l’origine tournée vers la tour Eiffel (et donc le dos aux États-Unis), elle fut pivotée vers l’aval en 1937 lors de l’Exposition internationale, où l’île fut temporairement agrandie à 32 000 m2 pour abriter le Centre des colonies.
L’île servit aussi de cadre à des projets audacieux, comme Aéroparis (1932), une piste d’atterrissage surélevée proposée par l’architecte André Lurçat, rejetée en raison de l’opposition des bougnats locaux soucieux de préserver les arbres. Entre 1900 et 1937, elle fut traversée par trois ponts majeurs : le viaduc de Passy (aujourd’hui pont de Bir-Hakeim), le pont Rouelle (ferroviaire), et le pont de Grenelle, ce dernier étant reconstruit en 1968.
Aujourd’hui, l’île aux Cygnes — longue de 890 mètres mais large de seulement 11 mètres — se distingue par son allée des Cygnes plantée de 322 arbres (61 espèces en 2004), ses belvédères (dont celui de Susan-Travers, orné de la statue La France renaissante), et sa plate-forme aval aménagée en 2012 avec un mur d’escalade. Elle reste un lieu emblématique, lié à des œuvres de fiction comme Le Professionnel (1981) ou Paris pieds nus (2017).
Administrativement rattachée au 15e arrondissement, elle est la plus petite des îles parisiennes (1,3 hectare), mais aussi la plus longue, surpassant l’île Saint-Louis. Son nom rend hommage à une ancienne île disparue, l’île des Cygnes, réunie au Champ-de-Mars à la fin du XVIIIe siècle.