Logo Musée du Patrimoine

Tout le patrimoine français classé par régions, départements et villes

Île aux Cygnes - Paris 15ème

Patrimoine classé Île

Île aux Cygnes - Paris 15ème

    Île aux Cygnes
    75015 Paris
Île aux Cygnes - Paris 15ème
Île aux Cygnes - Paris 15ème

Frise chronologique

Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1800
1900
2000
1825-1827
Création de la digue de Grenelle
1830
Plantation des premiers arbres
1889
Inauguration de la statue de la Liberté
1900
Construction du pont Rouelle
1932
Projet Aéroparis abandonné
1937
Exposition internationale et agrandissement
1968
Reconstruction du pont de Grenelle
2012
Aménagements sportifs
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Léonard Violet - Entrepreneur et conseiller municipal Initiateur du projet du port de Grenelle.
Alphonse Letellier - Entrepreneur et conseiller municipal Co-initiateur du port et de la digue.
Frédéric-Auguste Bartholdi - Sculpteur Auteur de la réplique de la statue de la Liberté.
André Lurçat - Architecte Propose le projet utópique *Aéroparis* en 1932.
Sadi Carnot - Président de la République Inaugure la statue en 1889.
Holger Wederkinch - Sculpteur Auteur de *La France renaissante* (belvédère).

Origine et histoire

L’île aux Cygnes, initialement nommée digue de Grenelle, fut construite entre 1825 et 1827 comme élément clé du port fluvial de Grenelle, dans le cadre d’un projet d’urbanisme mené par les entrepreneurs Léonard Violet et Alphonse Letellier. Cette digue en maçonnerie visait à rendre navigable la Seine sur sa rive droite, tout en protégeant la plaine de Grenelle des crues et des marécages insalubres. Des arbres y furent plantés dès 1830 par la Société concessionnaire du pont et du port.

En 1889, l’île accueillit une réplique de la statue de la Liberté, offerte par les Français établis aux États-Unis pour le centenaire de la Révolution, inaugurée par le président Sadi Carnot. À l’origine tournée vers la tour Eiffel (et donc le dos aux États-Unis), elle fut pivotée vers l’aval en 1937 lors de l’Exposition internationale, où l’île fut temporairement agrandie à 32 000 m2 pour abriter le Centre des colonies.

L’île servit aussi de cadre à des projets audacieux, comme Aéroparis (1932), une piste d’atterrissage surélevée proposée par l’architecte André Lurçat, rejetée en raison de l’opposition des bougnats locaux soucieux de préserver les arbres. Entre 1900 et 1937, elle fut traversée par trois ponts majeurs : le viaduc de Passy (aujourd’hui pont de Bir-Hakeim), le pont Rouelle (ferroviaire), et le pont de Grenelle, ce dernier étant reconstruit en 1968.

Aujourd’hui, l’île aux Cygnes — longue de 890 mètres mais large de seulement 11 mètres — se distingue par son allée des Cygnes plantée de 322 arbres (61 espèces en 2004), ses belvédères (dont celui de Susan-Travers, orné de la statue La France renaissante), et sa plate-forme aval aménagée en 2012 avec un mur d’escalade. Elle reste un lieu emblématique, lié à des œuvres de fiction comme Le Professionnel (1981) ou Paris pieds nus (2017).

Administrativement rattachée au 15e arrondissement, elle est la plus petite des îles parisiennes (1,3 hectare), mais aussi la plus longue, surpassant l’île Saint-Louis. Son nom rend hommage à une ancienne île disparue, l’île des Cygnes, réunie au Champ-de-Mars à la fin du XVIIIe siècle.

Liens externes