Choix de Vauban 1685 (≈ 1685)
Sélection de Cézon pour un fort stratégique.
1694-1705
Construction du fort
Construction du fort 1694-1705 (≈ 1700)
Travaux dirigés par Isaac Robelin.
1808
Four à boulets
Four à boulets 1808 (≈ 1808)
Construction originale pour la défense.
1859
Magasins à poudre
Magasins à poudre 1859 (≈ 1859)
Ajout des infrastructures logistiques.
1889
Déclassement militaire
Déclassement militaire 1889 (≈ 1889)
Fin de son rôle défensif officiel.
1940-1944
Occupation allemande
Occupation allemande 1940-1944 (≈ 1942)
15 blockhaus et tourelles construits.
27 juillet 2015
Classement historique
Classement historique 27 juillet 2015 (≈ 2015)
Inscription aux monuments historiques.
2020
Acquisition par le Conservatoire
Acquisition par le Conservatoire 2020 (≈ 2020)
Nouveau programme de restauration.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
L'île Cézon en totalité avec son fort, à l'exception toutefois de l'abri contemporain construit sur l'angle nord-ouest de la poudrière (cad. A 19 à 21) : inscription par arrêté du 27 juillet 2015.
Personnages clés
Vauban - Ingénieur militaire
Concepteur du fort en 1685.
Isaac Robelin - Ingénieur en chef
Dirigea les travaux (1694-1705).
Origine et histoire
L’île de Cézon, accessible à marée basse, est située à l’embouchure de l’Aber-Wrac’h dans le Finistère. Son nom viendrait du breton saozon (« saxon » ou « anglais »). Dès l’époque romaine, l’île est fortifiée pour protéger ce port de relâche majeur, cité dès le XIVe siècle comme abri pour corsaires et navires de commerce. L’Aber-Wrac’h, seul mouillage en eau profonde entre Brest et Roscoff, offrait un refuge stratégique, à seulement 30 km de l’arsenal de Brest, vulnérable à un débarquement ennemi par la terre.
En 1685, Vauban choisit Cézon pour y établir un fort, dans le cadre d’un projet initial plus ambitieux (4 îles fortifiées). Faute de moyens, seule Cézon est aménagée entre 1694 et 1705 sous la direction de l’ingénieur Isaac Robelin. Le fort, centré sur une tour d’artillerie ovoïdale, inclut casernes, batteries, magasins à poudre (1859), et un four à boulets (1808). Une guérite est ajoutée au XIXe siècle. La garnison, composée de 35 à 55 hommes selon les périodes, disposait de 6 canons (2 de 18 livres, 4 de 12 livres) et 2 807 livres de poudre.
L’île, attaquée par les Anglais pendant les guerres révolutionnaires et napoléoniennes, est déclassée en 1889. Durant la Seconde Guerre mondiale, les Allemands y construisent 15 blockhaus, tourelles et abris, superposant trois siècles de fortifications. Classée monument historique en 2015, l’île est acquise en 1957 par un privé, puis restaurée depuis 1994. En 2020, le Conservatoire du littoral en devient propriétaire pour un nouveau programme de sauvegarde.
Le fort illustre l’évolution des stratégies défensives, de Vauban aux occupations allemandes. Son mât de pavillon permettait une communication par signaux avec les navires, soulignant son rôle clé dans la surveillance maritime. Les réaménagements successifs (XIXe-XXe siècles) en font un exemple unique d’étagement de fortifications, mêlant architecture militaire classique et vestige de la Seconde Guerre mondiale.