Frise chronologique
1290
Construction du manoir original
Construction du manoir original
1290 (≈ 1290)
Marguerite de Provence y réside jusqu’en 1295.
1404
Destruction de l’hôtel
Destruction de l’hôtel
1404 (≈ 1404)
Ordonnée par Charles VI après le Bal des Ardents.
1486
Terrasse sur la Bièvre
Terrasse sur la Bièvre
1486 (≈ 1486)
Construite par Philibert Gobelin, fils de Jean.
1500–1535
Reconstruction du corps de logis
Reconstruction du corps de logis
1500–1535 (≈ 1518)
Avec tourelles et escaliers à vis flamands.
1790
Club jacobin
Club jacobin
1790 (≈ 1790)
Le site abrite un lieu révolutionnaire.
1980–1995
Classements Monuments Historiques
Classements Monuments Historiques
1980–1995 (≈ 1988)
Protection progressive des bâtiments et vestiges.
1999–2002
Restauration et ouverture
Restauration et ouverture
1999–2002 (≈ 2001)
Rénovation complète après destruction des ajouts parasites.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
La Maison de la Reine Blanche, y compris la galerie d'entrée : classement par arrêté du 14 novembre 1980 - L'immeuble en retour de la maison dite de la Reine Blanche, 4 à 10 rue Gustave-Geffroy et 14 à 18 rue Berbier-du-Mets : façades et toitures ; galerie du rez-de-chaussée qui lui est perpendiculaire (cf plan annexé à l'arrêté) (cad. EV 14) : inscription par arrêté du 13 avril 1989 - L'immeuble de la fin du XVe siècle, 19 rue des Gobelins : façades et toitures sur cour et sur rue ; escalier à vis ; deux niveaux de caves (cad. EV 7) : inscription par arrêté du 10 mai 1989 - Les bâtiments sis 12-18 rue Berbier-du-Mets, ainsi que le sol de l'ensemble de la parcelle EV 14 : inscription par arrêté du 29 mai 1995
Personnages clés
| Marguerite de Provence - Reine de France, veuve de saint Louis |
Fonde le manoir en 1290. |
| Blanche de France - Fille de Marguerite, veuve de Castille |
Réside dans l’hôtel au XIVe siècle. |
| Jean (Jehan) Gobelin - Teinturier, fondateur de la dynastie |
S’installe en 1447, lance l’activité industrielle. |
| Philibert Gobelin - Fils de Jean, teinturier en écarlate |
Conçoit une terrasse sur la Bièvre (1486). |
| Charles VI - Roi de France (1380–1422) |
Ordone la destruction de l’hôtel en 1404. |
| Jean L’Hoste - Propriétaire au XVIIe siècle |
Transforme le site en habitat avec cour d’honneur. |
Origine et histoire
L’îlot de la Reine Blanche tire son nom d’un manoir du XIIIe siècle construit par Marguerite de Provence, veuve de saint Louis, pour sa retraite le long de la Bièvre. Ce lieu, appelé hostel de la Reyne Blanche, abritera aussi sa fille Blanche de France. Détruit en 1404 sur ordre de Charles VI, il laisse place à des activités industrielles liées à la rivière, attirant teinturiers comme les familles Gobelin et Canaye dès le XVe siècle.
Au XVIe siècle, les Gobelin, spécialisés en teinture écarlate, reconstruisent une demeure et des ateliers sur l’emplacement de l’ancien manoir. Le site évolue avec un grand corps de logis à tourelles (1500–1535), deux escaliers à vis flamands, et des caves. Vendu en 1572 à Michel Charpentier, puis transformé en habitat au XVIIe siècle par Jean L’Hoste, l’îlot abrite successivement une brasserie, un club jacobin (1790), et une teinturerie au XVIIIe sous Antoine Moinerie.
Les bâtiments, partiellement détruits pendant la Commune de Paris (1871), sont restaurés à l’identique. Le recouvrement de la Bièvre en 1912 et la percée de la rue Gustave-Geffroy modifient le site. Classés Monuments Historiques entre 1980 et 1995, les vestiges (caves, escaliers, façades) sont préservés après une rénovation majeure (1999–2002), ouvrant l’îlot à la visite.
L’îlot conserve des traces de l’enceinte médiévale du XIIIe siècle (visible au 12 rue Berbier-du-Mets) et des ateliers de teinturiers, témoins de l’histoire industrielle parisienne. Son nom perpétue la légende de la Reine Blanche, liée au deuil des reines veuves en blanc, bien que l’hôtel d’origine ait disparu.
Aujourd’hui, l’ensemble triangulaire entre les rues des Gobelins, Berbier-du-Mets et Gustave-Geffroy illustre la superposition des époques : Moyen Âge royal, Renaissance artisanale, et Révolution industrielle, le tout ancré dans le quartier historique des Gobelins.