Frise chronologique
1137
Fondation du prieuré
Fondation du prieuré
1137 (≈ 1137)
Bernard le Vénérable crée un lieu de pèlerinage.
XIe siècle
Installation d'ermites bénédictins
Installation d'ermites bénédictins
XIe siècle (≈ 1150)
Trois moines quittent le Mont-Saint-Michel pour Tombelaine.
1204
Construction d'un fort
Construction d'un fort
1204 (≈ 1204)
Philippe Auguste renforce Tombelaine militairement.
1356
Occupation anglaise
Occupation anglaise
1356 (≈ 1356)
Garnison pendant la guerre de Cent Ans.
1666
Destruction des fortifications
Destruction des fortifications
1666 (≈ 1666)
Ordre de Louis XIV pour éviter une réutilisation anglaise.
1933
Rachat par l'État
Rachat par l'État
1933 (≈ 1933)
Intégration au domaine public et classement futur.
1936
Classement monument historique
Classement monument historique
1936 (≈ 1936)
Protection officielle de l'îlot et de ses vestiges.
1985
Création de la réserve ornithologique
Création de la réserve ornithologique
1985 (≈ 1985)
Protection de la faune aviaire par Genêts et l'université de Caen.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
L'îlot situé dans la baie du Mont-Saint-Michel (cad. D 668 à 671) : classement par arrêté du 9 octobre 1936
Personnages clés
| Bernard le Vénérable - Fondateur du prieuré |
Crée un lieu religieux en 1137. |
| Philippe Auguste - Roi de France |
Ordonne la construction d'un fort en 1204. |
| Comte de Montgomery - Chef huguenot |
Utilise Tombelaine comme repaire au XVIe siècle. |
| Louis XIV - Roi de France |
Ordonne la destruction des fortifications en 1666. |
| Michel Brackmann - Propriétaire au XIXe siècle |
Garde-suisse de Louis XVI, achète l'îlot en 1812. |
Origine et histoire
Tombelaine est un îlot granitique situé dans la baie du Mont-Saint-Michel, à quelques kilomètres au nord du mont Saint-Michel. Accessible à pied lors des basses mers grâce à un marnage dépassant 10 mètres, il émerge comme un vestige géologique et historique au cœur d’un paysage façonné par les marées. Son nom, d’origine incertaine, pourrait dériver de tumb-ell-ana (« petit mont Tombe »), en lien avec le mont Saint-Michel voisin, ou s’inspirer de légendes locales évoquant la tombe d’une princesse nommée Hélène ou un sanctuaire gaulois dédié au dieu Belenos.
Au XIe siècle, trois moines bénédictins, fuyant les tensions au Mont-Saint-Michel, s’y installent comme ermites. En 1137, Bernard le Vénérable y fonde un prieuré dédié à Notre-Dame de Tombelaine, transformant l’îlot en lieu de pèlerinage. Les traces toponymiques scandinaves suggèrent une occupation normande ou viking. En 1204, Philippe Auguste y érige un fort, marquant son importance stratégique. Pendant la guerre de Cent Ans (1356), une garnison anglaise s’y établit face au Mont-Saint-Michel, renforçant ses défenses avec une bastille.
Les guerres de Religion voient Tombelaine devenir le repaire du comte de Montgomery, chef huguenot, qui y aurait frappé monnaie et abrité sa maîtresse. En 1666, Louis XIV ordonne la destruction de ses fortifications, craignant une réutilisation par les Anglais. L’îlot change plusieurs fois de mains, notamment en 1812, quand il est acquis par Michel Brackmann, garde-suisse de Louis XVI. Au XXe siècle, l’État le rachète (1933) pour le classer monument historique (1936) et en faire une réserve ornithologique (1985), intégrée depuis aux sites Ramsar et Natura 2000.
D’un point de vue géologique, Tombelaine culmine à 45 mètres (pic de la Folie) et s’étend sur 3 hectares. Composé de leucogranite, il abrite une faune aviaire remarquable, avec des colonies de goélands, faucons pèlerins et aigrettes garzettes. L’accès y est interdit de mars à juillet pour protéger la nidification. Son histoire mêle ainsi mythes celtes, enjeux militaires et préservation écologique, en faisant un symbole de la baie du Mont-Saint-Michel.