Frise chronologique
1450
Première mention de la rue Frépillon
Première mention de la rue Frépillon
1450 (≈ 1450)
Manuscrit de l'abbaye Sainte-Geneviève citant la voie.
1530
Ouverture de la rue du Pont-aux-Biches
Ouverture de la rue du Pont-aux-Biches
1530 (≈ 1530)
Voie intégrée ultérieurement à la rue Volta.
18 février 1851
Création de la rue Volta
Création de la rue Volta
18 février 1851 (≈ 1851)
Décret fusionnant trois rues sous ce nom.
1979
Réévaluation historique de la maison
Réévaluation historique de la maison
1979 (≈ 1979)
Datation corrigée entre 1644 et 1654.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Personnages clés
| Alessandro Volta - Physicien italien |
Nom donné à la rue en son honneur. |
| Louis Napoléon Bonaparte - Président de la République (1848–1852) |
Signataire du décret de 1851 unifiant les rues. |
| Raymond Queneau - Poète et écrivain |
Auteur d’un poème sur la rue Volta (1967). |
Origine et histoire
L’immeuble du 3 rue Volta, situé dans le quartier du Marais (3e arrondissement de Paris), est une maison à pans de bois apparents. Longtemps considérée comme la plus vieille maison de Paris, datant présumément de 1300, des recherches menées en 1979 ont révélé qu’elle fut en réalité construite entre 1644 et 1654. Le terrain qu’elle occupe était encore vierge en 1644, infirmant ainsi sa datation médiévale initiale. Cette confusion provenait d’une erreur d’interprétation des archives, la maison étant en fait édifiée sur l’emplacement d’un ancien jardin.
La rue Volta elle-même résulte de la fusion, par décret du 18 février 1851 sous Louis Napoléon Bonaparte, de trois rues préexistantes : la rue Frépillon (attestée dès 1450 et liée à une famille noble du XIIIe siècle), la rue de la Croix (ouverte au XIVe siècle sur une zone hors des murs de Paris, appelée Courtille Saint-Martin), et la rue du Pont-aux-Biches-Saint-Martin (datant de 1530, nommée d’après un pont étroit sur un égout et une enseigne). Ces voies reflètent l’évolution urbaine du Marais, marqué par l’enceinte de Charles V et les remblais successifs de la butte Saint-Martin.
Le nom rue Volta rend hommage au physicien italien Alessandro Volta (1745–1827), inventeur de la pile électrique. Ce choix s’inscrit dans une tradition parisienne de dénomination des rues en l’honneur de figures scientifiques ou historiques. La rue, aujourd’hui desservie par les métros Arts et Métiers (lignes 3 et 11), conserve des traces de son passé médiéval et moderne, bien que son tracé ait été modifié par les aménagements des XVIIe et XIXe siècles.
Au no 37 de la rue Volta se trouve le théâtre du Marais, un lieu culturel notable. Par ailleurs, la rue a inspiré le poète Raymond Queneau, qui lui consacra un poème dans son recueil Courir les rues (1967). L’immeuble du no 3, malgré sa datation révisée, reste un témoignage architectural des techniques de construction du XVIIe siècle, avec ses pans de bois apparents, caractéristiques des maisons bourgeoises de l’époque.
La réévaluation de 1979 a permis de corriger une erreur historique majeure : la plus ancienne maison de Paris se situe en réalité au 51 rue de Montmorency (maison de Nicolas Flamel, 1407). Ce cas illustre l’importance des recherches archivistiques pour la préservation du patrimoine, où les légendes locales peuvent parfois éclipser les réalités documentées.