Origine et histoire de l'Immeuble, Place Général de Gaulle
L’immeuble situé au 5 Place Général de Gaulle à Orléans s’inscrit dans l’ensemble architectural de l’ancien hospice général, dont la construction débute en 1698. Ce dernier, intégré à l’hôpital Porte-Madeleine, regroupe des bâtiments édifiés entre le 4e quart du XVIIe siècle et le 1er quart du XVIIIe siècle, marquant une période de restructuration des institutions caritatives orléanaises sous l’Ancien Régime. La chapelle Saint-Charles, conçue par Jacques V Gabriel entre 1713 et 1717, en constitue l’élément central, bien que son achèvement ne soit finalisé qu’en 1864 par l’architecte Thuillier.
L’hospice général s’inscrit dans une tradition hospitalière orléanaise remontant au IXe siècle, avec des fondations attribuées à Théodulf, évêque nommé par Charlemagne. Au fil des siècles, la ville développe un réseau d’établissements caritatifs, dont l’Hôtel-Dieu (créé en 1150 près de la cathédrale Sainte-Croix) et des aumônes spécialisées pour les lépreux, aveugles ou pèlerins. Ces structures sont progressivement regroupées sous Henri II, puis remplacées par l’hospice général à la fin du XVIIe siècle, reflétant une centralisation des soins et de l’assistance.
Le site de l’hôpital Porte-Madeleine, étendu sur 5 hectares, intègre aussi un nouvel Hôtel-Dieu bâti à partir de 1844, ainsi que des extensions ultérieures. Après le transfert des services médicaux vers le nouvel hôpital d’Orléans en 2015, les bâtiments historiques, protégés au titre des Monuments historiques (façades, toitures, chapelle classée en 1997), sont réhabilités depuis 2021 en une maison de santé pluridisciplinaire, préservant ainsi leur vocation sanitaire et patrimoniale.
La chapelle Saint-Charles, œuvre majeure de Jacques V Gabriel, illustre l’architecture religieuse du XVIIIe siècle par son plan en croix latine non orientée. Son intégration au cœur des bâtiments de l’hospice, reliée par les bras du transept, crée une symétrie cloisonnant la cour en quatre espaces. Ce parti pris architectural, combiné à des modifications ultérieures (comme l’achèvement par Thuillier), témoigne de l’évolution des besoins hospitaliers et des styles sur près de deux siècles.
L’histoire de l’hôpital Porte-Madeleine est aussi marquée par des controverses, comme la démolition de l’ancien Hôtel-Dieu en 1844, critiquée par des figures comme Prosper Mérimée et Charles de Montalembert, défenseurs du patrimoine. Ces tensions soulignent les enjeux entre modernisation urbaine et préservation historique, un débat récurrent dans la gestion des monuments français au XIXe siècle.