Origine et histoire
L’hôtel de Lillebonne est un hôtel particulier Renaissance construit en 1580 à Nancy par l’architecte Nicolas La Hiere pour Claude de Beauvau-Craon, sire de Beauvau. Il remplace l’ancienne « Maison des étuves municipales », un bain public attestée dès 1531, que le duc Charles III autorisa à vendre en 1578. Ce bâtiment, de style italianisant, reflète la mode nancéienne de l’époque, avec une façade ornée de colonnes ioniques, de frontons sculptés et de motifs floraux.
À la mort de Claude de Beauvau en 1597, l’hôtel passe à son petit-fils Henri Ier, qui le vend en 1621 au duc Henri II de Lorraine. Ce dernier l’offre à son fils naturel Henri de Bainville, avant qu’il ne soit échangé puis occupé par Charles de Briey, un autre fils illégitime du duc, donnant à l’hôtel le nom d’hôtel de Malte. Entre 1633 et 1663, pendant l’occupation française de Nancy, son histoire devient floue.
En 1665, Anne de Lorraine et son époux François-Marie, prince de Lillebonne, s’y installent brièvement avant une nouvelle occupation française. Le nom hôtel de Lillebonne apparaît en 1750. Au XIXe siècle, il est acquis par les Filles de la charité de Saint-Vincent-de-Paul, devenant partie de la Maison de la Providence, dédiée aux œuvres sociales. Depuis 1972, il abrite la MJC Lillebonne-Saint-Epvre et une galerie d’art contemporain.
L’hôtel se distingue par son escalier Renaissance en pierre, ses plafonds sculptés et son puits orné d’un fronton à volutes. Classé monument historique en 1944 pour sa façade, sa toiture et son puits, il incarne l’héritage architectural lorrain. Son portail, encadré de colonnes à feuillages d’olivier, et ses fenêtres à frontons brisés illustrent le raffinement de l’époque.
Au XXe siècle, l’hôtel a également servi de décor pour le film Tous les soleils de Philippe Claudel. Aujourd’hui, il allie patrimoine et vie culturelle, abritant expositions, conférences et activités associatives, tout en conservant ses éléments d’origine, comme la chapelle du XIXe siècle ou les gargouilles en pierre sculptée.
Son histoire reflète les bouleversements politiques de la Lorraine, des ducs de Lorraine à l’annexion française, en passant par son rôle social sous les sœurs vincentiennes. L’hôtel de Lillebonne reste un témoignage majeur de l’architecture civile Renaissance à Nancy, aux côtés du Palais ducal et de l’hôtel d’Haussonville.