Origine et histoire
L’immeuble, situé au 10 rue des Sœurs Macarons à Nancy, est construit en 1725 par l’architecte Jean-Nicolas Jennesson pour Antoine Grisot de Bellecroix, trésorier de Lorraine. Ce dernier, propriétaire du terrain depuis 1722, y appose ses initiales (A et G) sur la grille en fer forgé de l’entrée, surmontées autrefois d’une couronne aujourd’hui disparue. La maison, adjacente à un autre hôtel édifié par Grisot, passe entre plusieurs mains après la Révolution, notamment celle de la famille Vallet en 1794, puis des Muller au début du XIXe siècle.
Selon la tradition, des religieuses expulsées de leur couvent pendant la Révolution se réfugient dans cet immeuble et y fabriquent les premiers macarons de Nancy, donnant son nom à la maison. Bien que la production artisanale à grande échelle soit improbable (le four d’origine, toujours visible, est trop petit), cette légende persiste. Au XIXe siècle, l’atelier de confiserie s’installe au rez-de-chaussée, avec un magasin sur rue et des fours sur cour, près d’un puits aujourd’hui fermé.
La maison conserve des éléments remarquables comme un escalier en fer forgé, deux fours historiques et un vitrail de 1889 représentant une religieuse, classé à l’Inventaire supplémentaire des monuments historiques depuis 2021. Protégée partiellement depuis 1987 (façades, toitures, escalier, fours), elle illustre l’évolution architecturale et artisanale de Nancy, entre patrimoine aristocratique du XVIIIe siècle et activité commerciale ultérieure. La fabrication des macarons cesse dans les années 1980, mais le vitrail original, après un exil rue Gambetta, est réinstallé en 2020.
L’immeuble, divisé en appartements dans les années 1980, reste un témoignage de l’histoire lorraine, mêlant héritage religieux, architecture civile et tradition culinaire. Son plan en L, sa cour intérieure et ses décors intérieurs remaniés au XIXe siècle (plafonds, cheminées) reflètent les adaptations successives du bâtiment, tout en préservant son caractère d’origine.