Frise chronologique
vers 1509-1513
Construction de la maison
Construction de la maison
vers 1509-1513 (≈ 1511)
Datation par dendrochronologie et contexte historique.
1524
Interdiction des encorbellements
Interdiction des encorbellements
1524 (≈ 1524)
Règlement normand postérieur à la construction.
1620
Vente par la famille Mabrey
Vente par la famille Mabrey
1620 (≈ 1620)
Passage aux Le Sueur, seigneurs locaux.
1886
Restauration de la façade
Restauration de la façade
1886 (≈ 1886)
Reconstitution des fenêtres du 2e étage.
24 juin 1947
Classement monument historique
Classement monument historique
24 juin 1947 (≈ 1947)
Protection de la façade et toiture.
2017-2018
Restauration complète
Restauration complète
2017-2018 (≈ 2018)
Retour aux couleurs et décors originaux.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Façade et toiture : classement par arrêté du 24 juin 1947
Personnages clés
| Michel Mabrey - Commanditaire et premier propriétaire |
Bourgeois caennais, échevin en 1509. |
| Marion Abelin - Épouse de Michel Mabrey |
Héritière d’un financier caennais. |
| Raoul Douin - Sculpteur (restauration 1886) |
Reconstitution des fenêtres du 2e étage. |
| Thomas Mabrey - Dernier propriétaire familial |
Vend la maison en 1620. |
Origine et histoire
L’immeuble du 54 rue Saint-Pierre à Caen est une construction emblématique du début du XVIe siècle, édifiée pour Michel Mabrey, membre influent de la bourgeoisie caennaise. Ce dernier, procureur du roi et échevin, fit bâtir cette demeure vers 1509-1513, comme en témoignent les armoiries familiales encore visibles et la datation dendrochronologique du chêne utilisé. La maison, richement décorée de sculptures mêlant motifs religieux et Renaissance, reflète le statut social de son commanditaire, lié à l’université de Caen et aux cercles financiers locaux.
La façade à pans de bois, ornée de hourdis polychromes et de statues (comme saint Michel terrassant le dragon), fut restaurée à plusieurs reprises, notamment en 1886 et 2017-2018. Ces travaux ont permis de retrouver les couleurs d’origine (rouge, bleu, jaune) et de dater précisément la construction grâce à l’analyse des poutres. L’encorbellement, interdit en Normandie après 1524, et les contrats de vente du XVIIe siècle révèlent une organisation typique des maisons bourgeoises : boutique au rez-de-chaussée, chambres aux étages, et escalier dans une tour arrière.
Propriété de la famille Mabrey jusqu’en 1620, puis des Le Sueur et Vivaire du Désert, la maison subit des modifications au XIXe siècle (suppression des meneaux, essentage du pignon). Classée monument historique en 1947 pour sa façade et sa toiture, elle illustre l’architecture civile de la Renaissance normande, alliant tradition médiévale (pans de bois) et innovations décoratives. Les restaurations récentes ont mis en valeur son décor sculpté et ses hourdis estampés, uniques à Caen.
Le bâtiment est accolé au no 52, également classé, formant un ensemble remarquable de la rue Saint-Pierre, axe majeur du centre historique. Son histoire reflète les dynamiques sociales de Caen, entre pouvoir bourgeois, activité universitaire et commerce, depuis le Moyen Âge jusqu’à l’époque moderne. Les armoiries et les statuettes (Vierge à l’Enfant, saint Pierre) suggèrent une dimension à la fois privée et publique, mêlant dévotion et affirmation de statut.