Frise chronologique
1625
Fondation de la Congrégation
Fondation de la Congrégation
1625 (≈ 1625)
Création par Vincent de Paul et cinq prêtres.
1632
Installation à Saint-Lazare
Installation à Saint-Lazare
1632 (≈ 1632)
Transfert dans une ancienne léproserie.
1817
Attribution de l’hôtel de Lorges
Attribution de l’hôtel de Lorges
1817 (≈ 1817)
Devenu Maison Mère par le gouvernement.
1827-1858
Construction de la chapelle
Construction de la chapelle
1827-1858 (≈ 1843)
Abritant la châsse de saint Vincent.
1987
Classement partiel
Classement partiel
1987 (≈ 1987)
Façades et toitures inscrites.
1993
Classement de la chapelle
Classement de la chapelle
1993 (≈ 1993)
Protection au titre des Monuments Historiques.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Les façades et toitures des bâtiments sur rue ; la cour d'honneur et le jardin tels qu'ils figurent au plan annexé à l'arrêté (cad. 06 : 03 BD 4) : inscription par arrêté du 20 mars 1987 - La chapelle (cad. 06 : 03 BD 4) : classement par arrêté du 21 janvier 1993
Personnages clés
| Vincent de Paul - Fondateur de la Congrégation |
Inspirateur de la Maison Mère et saint patron. |
| Louise de Marillac - Cofondatrice des Filles de la Charité |
Associée à Vincent de Paul. |
| François Carbonnier - Peintre de la chapelle |
Élève d’Ingres, auteur des décors. |
| Odiot - Orfèvre de la châsse |
Créateur de la châsse de saint Vincent (1827). |
| Duc de Lorges - Ancien propriétaire du lieu |
Hôtel du XVIIe siècle cédé en 1817. |
Origine et histoire
L’immeuble de la Congrégation de la Mission des Lazaristes, situé au 95 rue de Sèvres dans le 6e arrondissement de Paris, est l’héritier d’une histoire religieuse et architecturale remontant au XVIIe siècle. Fondée en 1625 par Vincent de Paul, la Congrégation de la Mission — aussi appelée Lazaristes en référence à leur installation dans l’ancien enclos Saint-Lazare, une léproserie — s’est d’abord consacrée à l’évangélisation des pauvres et à la formation des prêtres. Le site actuel, ancien hôtel du duc de Lorges (XVIIe siècle), leur fut attribué en 1817 par le gouvernement français, devenant leur Maison Mère. La congrégation, dissoute pendant la Révolution, y retrouva une stabilité après 1816.
La chapelle, construite entre 1827 et 1858, abrite des œuvres majeures comme la châsse de saint Vincent de Paul (1827, par l’orfèvre Odiot) et des peintures de François Carbonnier, élève d’Ingres. Les bâtiments, organisés autour d’une cour pavée avec un pavillon néo-Renaissance, symbolisent l’ancrage parisien des Lazaristes. Classée partiellement aux Monuments Historiques (1987 pour les façades, 1993 pour la chapelle), cette maison reste un lieu spirituel actif, accueillant pèlerins et membres de la Famille Vincentienne, un réseau de 170 congrégations inspirées par Vincent de Paul.
La Congrégation de la Mission a essaimé dans le monde dès le XVIIe siècle, avec des missions en Tunisie (1645), Madagascar (1648), ou Chine (XIXe siècle), tout en subissant des persécutions (expulsions d’Italie en 1871, d’Allemagne en 1873). Au XIXe siècle, l’immeuble parisien incarne sa résilience : après les spoliations révolutionnaires et les tensions avec Napoléon, les Lazaristes y consolidèrent leur rôle dans la formation cléricale et l’aide aux démunis. Aujourd’hui, le site, propriété de la congrégation depuis 2006, perpétue cet héritage à travers des rénovations liées à son 400e anniversaire.
L’architecture reflète cette dualité entre histoire et modernité. L’entrée, marquée par une statue de Vincent de Paul, mène à un ensemble où se mêlent héritage aristocratique (l’ancien hôtel de Lorges) et vocation religieuse. Les Lazaristes, présents dans 150 pays avec près de 4 000 membres au XXIe siècle, y célèbrent leur fondateur, canonisé en 1737. Le monument incarne ainsi à la fois un patrimoine matériel (classé) et un rayonnement spirituel international, lié à des figures comme Louise de Marillac (cofondatrice des Filles de la Charité) ou les martyrs de la Révolution française.
Les défis contemporains, comme les accusations d’agressions sexuelles portées en 2024 contre un prêtre de la congrégation, rappellent les tensions entre héritage et actualité. Pourtant, la Maison Mère reste un symbole de la charité vincentienne, un courant qui a inspiré des millions de personnes à travers des œuvres éducatives, hospitalières et missionnaires. Son classement monumental protège un lieu où se croisent art (peintures, châsse), histoire (Révolution, Restauration) et spiritualité, tout en ancrant les Lazaristes dans le paysage religieux parisien.