Origine et histoire
Le Bâtiment annulaire est un immeuble emblématique situé à Mulhouse, dans le département du Haut-Rhin, en région Grand Est. Construit entre 1951 et 1954 (ou 1950-1963 selon les sources), il s’inscrit dans le projet de reconstruction du quartier de la gare, fortement endommagé par les bombardements de 1944. Conçu par l’architecte Pierre-Jean Guth, il se distingue par sa structure circulaire de 96 mètres de diamètre et 22 mètres de haut, entourant un espace central vide. Ce bâtiment, unique en France avec la Maison de la Radio à Paris, combine 96 logements et 19 commerces au rez-de-chaussée, avec une circulation automobile extérieure et des passages piétons intérieurs.
L’architecture du Bâtiment annulaire repose sur un mélange de béton, pierre et résille métallique pour les balcons, avec une toiture en zinc. Sa façade alterne entre béton bouchardé et plaques de pierre, tandis que deux passages percent l’anneau, dont un au sud-est marquant une rupture de hauteur (de 6 à 4 étages). La galerie couverte extérieure, ouverte vers l’extérieur, renforce son caractère monumental. Classé Monument Historique en 2006, il illustre l’innovation urbaine d’après-guerre, alliant fonctionnalité et esthétique moderne.
Le bâtiment s’inscrit dans un contexte de reconstruction post-Seconde Guerre mondiale, où Mulhouse, ville industrielle majeure d’Alsace, cherchait à moderniser son centre-ville. Le quartier de la gare, stratégique pour les échanges, devint un laboratoire architectural. Le Bâtiment annulaire symbolise cette volonté de réinventer l’habitat collectif, en intégrant commerces, logements et espaces de circulation. Son inscription au titre des monuments historiques souligne son importance patrimoniale, tant pour son design avant-gardiste que pour son rôle dans l’histoire urbaine mulhousienne.
Aujourd’hui, le Bâtiment annulaire reste un témoignage rare de l’architecture des Trente Glorieuses, période marquée par la croissance économique et l’expérimentation urbaine. Sa forme annulaire, conçue pour optimiser l’espace et la circulation, en fait un modèle d’intégration entre bâti et mobilité. Bien que propriété privée et communale, son accès partiel (halls, escaliers) permet d’apprécier son patrimoine. Les sources, comme Monumentum ou Wikipédia, soulignent son double statut : icône locale et curiosité nationale.