Origine et histoire
L’immeuble des Mirepoises, situé au no 15 boulevard Léon-Gambetta à Cahors, est un monument historique dont les origines remontent aux XIIIe–XIVe siècles, avec des vestiges d’habitations médiévales. Au XVIIe siècle, le marquis de Mirepoix, gouverneur du Quercy, en fit don en 1665 à sa femme et à l’évêque de Cahors pour y établir une congrégation religieuse. L’objectif était de former des institutrices et d’instruire gratuitement les filles pauvres de la région. Les travaux de réaménagement, achevés vers 1677–1678, permirent à la communauté des Mirepoises de s’y installer officiellement en 1678.
La Révolution française marqua un tournant : en 1792, la communauté, composée de onze sœurs et accueillant 25 pensionnaires, fut supprimée. La ville de Cahors transforma alors l’immeuble en une institution laïque sous la direction de l’ancienne supérieure, devenue la citoyenne Delsol, pour poursuivre l’éducation des jeunes filles défavorisées. Ce changement reflétait les bouleversements politiques et sociaux de l’époque, où les biens ecclésiastiques étaient nationalisés et réaffectés à des usages publics.
Après la Révolution, en 1804, le conseil municipal fit appel aux Dames blanches (religieuses des Sacrés-Cœurs de Jésus et de Marie), qui occupèrent les lieux jusqu’en 1900. Elles achetèrent l’immeuble à la ville en 1835 pour 36 000 francs et y ajoutèrent une chapelle après 1812. Leur départ en 1900 marqua la fin de la vocation religieuse du bâtiment, qui fut vendu à une société privée. Entre 1973 et 1985, une grande partie de l’édifice fut détruite, ne laissant subsister que des éléments protégés au titre des monuments historiques depuis 1977 : façades, toitures, cheminées décorées, et peintures murales de l’oratoire.
Les vestiges architecturaux témoignent aujourd’hui de cette histoire complexe, mêlant patrimoine médiéval, engagement éducatif et religieux, et transformations révolutionnaires. L’immeuble illustre ainsi l’évolution des institutions charitables en France, entre Ancien Régime, période révolutionnaire, et XIXe siècle. Son inscription partielle en 1977 souligne la valeur patrimoniale des décors intérieurs (peintures, poutres, cheminées) et de sa structure extérieure, malgré les destructions subies au XXe siècle.