Frise chronologique
1861
Construction initiale
Construction initiale
1861 (≈ 1861)
Hôtel bâti pour l’impératrice Eugénie par Lefuel.
1878
Achat par le baron Hirsch
Achat par le baron Hirsch
1878 (≈ 1878)
Transformation et agrandissement débutés.
1887
Fin des réceptions
Fin des réceptions
1887 (≈ 1887)
Mort de Lucien de Hirsch, fils unique.
1967
Acquisition par l’État
Acquisition par l’État
1967 (≈ 1967)
Devenu annexe de l’Élysée.
2002
Classement monument historique
Classement monument historique
2002 (≈ 2002)
Protection de l’immeuble en totalité.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
L'immeuble en totalité (cad. 08-03 BP 11) : classement par arrêté du 30 octobre 2002
Personnages clés
| Impératrice Eugénie - Commanditaire initial |
Femme de Napoléon III, première propriétaire. |
| Baron Maurice de Hirsch - Propriétaire et mécène |
Financier bavarois, transformateur de l’hôtel. |
| Hector-Martin Lefuel - Architecte |
Concepteur de l’hôtel pour Eugénie. |
| Léon Châtenay - Architecte |
Responsable des agrandissements pour Hirsch. |
| Émile Pereire - Ancien propriétaire du terrain |
Vendit le terrain à l’impératrice en 1861. |
Origine et histoire
L’hôtel de l’Impératrice Eugénie, situé au 2 rue de l’Élysée dans le 8e arrondissement de Paris, fut initialement construit en 1861 par l’architecte Hector-Martin Lefuel pour l’impératrice Eugénie, épouse de Napoléon III. Acquis sur un terrain mis en vente par Émile Pereire, cet hôtel de trois étages, inspiré des maisons géorgiennes londonniennes, devait servir de résidence intime à l’impératrice, qui y logea parfois sa mère, la comtesse de Montijo, ou son amie la princesse Anna Murat. Après la chute du Second Empire, l’hôtel fut vendu en 1878 à Maurice de Hirsch, un financier bavarois installé à Paris, qui entreprit d’importants travaux pour l’agrandir et le transformer en un palais somptueux.
Le baron de Hirsch, insatisfait de la taille initiale de l’hôtel, acquit les propriétés voisines (notamment les n°4, 6, et 8 de la rue de l’Élysée, ainsi que le n°24-26 avenue Gabriel) pour créer un ensemble immobilier de près d’un demi-hectare. Les architectes Peyre et Châtenay dirigèrent les travaux, ajoutant une salle des fêtes capable d’accueillir 2 000 invités, un escalier d’honneur monumental en marbre, et des salons richement décorés (boiseries du château de Bercy, tapisseries de Beauvais, porcelaines de Saxe). L’hôtel devint un lieu de réceptions fastueuses, reflétant le train de vie luxueux du baron, jusqu’à la mort tragique de son fils unique, Lucien, en 1887, qui mit fin à sa vie mondaine.
À la mort du baron en 1896, l’hôtel passa à sa veuve, la baronne Clara de Hirsch, qui y résida peu avant de léguer le domaine à ses enfants adoptifs. Plusieurs projets publics (résidence pour chefs d’État, ministère des Colonies) échouèrent en raison des contraintes d’urbanisme interdisant les usages commerciaux ou professionnels. En 1967, l’État français acquit une partie de l’hôtel (n°2 rue de l’Élysée) pour y installer le Secrétariat aux Affaires africaines et malgaches, aujourd’hui intégré à la présidence de la République. Le corps principal de l’hôtel, classé monument historique en 2002, conserve des éléments remarquables comme la salle à manger aux boiseries rocaille et le vestibule de marbre.
L’architecture de l’hôtel mêle influences néoclassiques et éclectiques, avec des décors intérieurs inspirés des grands châteaux français (Versailles, Bercy). Les écuries, aménagées sur deux niveaux avec un ascenseur pour chevaux, et la sellerie luxueuse, témoignent du faste de l’époque. Après la démolition partielle du bâtiment donnant sur l’avenue Gabriel dans les années 1960, il ne reste aujourd’hui que les parties classées, dont les grilles d’origine et les salons du n°2 rue de l’Élysée. L’hôtel illustre ainsi l’évolution des hôtels particuliers parisiens, du Second Empire à leur réaffectation institutionnelle au XXe siècle.