Frise chronologique
1785
Construction de l’hôtel
Construction de l’hôtel
1785 (≈ 1785)
Œuvre de Soufflot et Lequeu pour Montholon.
2 décembre 1851
Bombardement lors du coup d’État
Bombardement lors du coup d’État
2 décembre 1851 (≈ 1851)
Dégâts subis par le bâtiment.
1868
Installation de Juliette Adam
Installation de Juliette Adam
1868 (≈ 1868)
Début du salon littéraire républicain.
1871-1887
Âge d’or du salon Adam
Âge d’or du salon Adam
1871-1887 (≈ 1879)
Lieu de rencontre politique et artistique.
9 janvier 1926
Classement monument historique
Classement monument historique
9 janvier 1926 (≈ 1926)
Protection de la façade et salons.
23 mars 2015
Vente d’une esquisse de Soufflot
Vente d’une esquisse de Soufflot
23 mars 2015 (≈ 2015)
Dessin original adjugé 35 280 euros.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Façade sur le boulevard et décoration du 18s du grand et du petit salon : inscription par arrêté du 9 janvier 1926
Personnages clés
| François Soufflot le Romain - Architecte |
Concepteur de l’hôtel en 1785. |
| Jean-Jacques Lequeu - Dessinateur et architecte |
Collaborateur de Soufflot, décor intérieur. |
| Nicolas de Montholon - Commanditaire (époux de la propriétaire) |
Président du parlement de Normandie. |
| Juliette Adam - Salonnière et républicaine |
Anima un salon influent (1871-1887). |
| Léon Gambetta - Homme politique |
Fréquentait le salon de Juliette Adam. |
| Jean-Baptiste-Claude Robin - Peintre |
Auteur du plafond du salon. |
Origine et histoire
L’hôtel de Montholon est un hôtel particulier édifié en 1785 à Paris, au 23 boulevard Poissonnière, dans le 2e arrondissement. Commandé par l’épouse de Nicolas de Montholon, président du parlement de Normandie, sa conception fut confiée à l’architecte François Soufflot le Romain, assisté du dessinateur Jean-Jacques Lequeu. Ce dernier, inspiré par l’hôtel Benoît de Sainte-Paulle (1773) de Samson-Nicolas Lenoir, imagina une façade en retrait ornée de pilastres ioniques colossaux, créant une terrasse au premier étage pour profiter de la verdure du boulevard. Le décor intérieur, notamment le mobilier et les salons, fut conçu dans un style « piranésien », tandis que Jean-Baptiste-Claude Robin peignit le plafond du salon de compagnie, représentant Thémis entourée de la Force et du Génie des lois.
Au XIXe siècle, l’hôtel devint un lieu symbolique de la résistance républicaine. Acquis par Charles Sallandrouze de Lamornaix, il servit d’abord de dépôt pour les manufactures de tapis d’Aubusson et Felletin. Endommagé lors du coup d’État du 2 décembre 1851, il fut ensuite occupé par Edmond Adam et Juliette Lamber (mariés en 1868), qui y fondèrent un salon influent. De 1871 à 1887, ce salon accueillit des figures politiques comme Léon Gambetta, avant d’évoluer vers un cercle d’artistes, d’écrivains (Pierre Loti, Léon Bonnat) et de compositeurs (Gounod), marquant la vie culturelle de la Troisième République. Malgré des modifications ultérieures (garde-corps en fonte), l’hôtel reste un rare exemple d’architecture boulevardière du XVIIIe siècle, classé monument historique en 1926.
Une esquisse originale du salon, dessinée par Soufflot en 1785, fut vendue aux enchères en 2015 pour 35 280 euros, témoignant de l’intérêt patrimonial durable de ce lieu. Aujourd’hui propriété privée, l’hôtel de Montholon conserve une façade et des décors intérieurs (grands et petits salons) protégés, illustrant le faste des demeures aristocratiques pré-révolutionnaires et leur réappropriation par les élites républicaines.