Frise chronologique
1847
Fondation du Cercle de la Librairie
Fondation du Cercle de la Librairie
1847 (≈ 1847)
Création par Jules-Joseph Hébrard, libraire-éditeur parisien.
1864
Réforme de Louis Hachette
Réforme de Louis Hachette
1864 (≈ 1864)
Lancement bibliothèque et projet du siège actuel.
4 décembre 1879
Inauguration de l'immeuble
Inauguration de l'immeuble
4 décembre 1879 (≈ 1879)
Œuvre de Charles Garnier, boulevard Saint-Germain.
1886
Statut de syndicat
Statut de syndicat
1886 (≈ 1886)
Adoption de la loi Waldeck-Rousseau.
21 juin 1971
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
21 juin 1971 (≈ 1971)
Protection des façades, rotonde et escalier.
2004-2022
Occupation par Sciences Po
Occupation par Sciences Po
2004-2022 (≈ 2013)
École de journalisme dans l’immeuble.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Façades et toitures sur rues ; rotonde ; escalier d'honneur avec sa cage circulaire : inscription par arrêté du 21 juin 1971
Personnages clés
| Charles Garnier - Architecte |
Concepteur de l’immeuble (1878-1879). |
| Jules-Joseph Hébrard - Fondateur du Cercle |
Libraire-éditeur, initiateur en 1847. |
| Louis Hachette - Président du Cercle (1864) |
Réformateur, lanceur du projet immobilier. |
| Louis Bréton - Successeur de Hachette |
Finalise la construction en 1877. |
| Ambroise Firmin Didot - Premier président (imprimeur-éditeur) |
Figure majeure de l’édition française. |
Origine et histoire
L’immeuble du Cercle de la Librairie, situé au 117 boulevard Saint-Germain à Paris 6e, est construit entre 1878 et 1879 par l’architecte Charles Garnier, célèbre pour avoir également conçu l’Opéra de Paris. Commandé par le Cercle de la Librairie, syndicat patronal fondé en 1847 par le libraire-éditeur Jules-Joseph Hébrard, ce bâtiment devait fédérer les professionnels du livre (libraires, éditeurs, imprimeurs). Son architecture comprend une rotonde surmontée d’un dôme, un escalier à double révolution, une bibliothèque professionnelle, et des salles dédiées aux expositions et aux réunions. Inauguré le 4 décembre 1879, il symbolise l’âge d’or de l’édition française et l’influence croissante des syndicats professionnels sous le Second Empire et la Troisième République.
Le Cercle de la Librairie, initialement dominé par les libraires (68 des 119 membres fondateurs), s’étend sous la présidence de Louis Hachette à partir de 1864. Ce dernier lance la construction du siège actuel et crée une bibliothèque technique, enrichie par des dons. L’immeuble accueille dès 1880 des expositions annuelles sur la typographie et l’imprimerie, tout en participant aux expositions universelles. En 1886, le Cercle adopte le statut de syndicat selon la loi Waldeck-Rousseau, devenant une fédération de syndicats spécialisés (reliure, édition, librairie). La rotonde et l’escalier d’honneur, classés Monuments Historiques en 1971, témoignent de son prestige architectural et historique.
Au XXe siècle, le bâtiment change plusieurs fois d’affectation : centre culturel de l’Allemagne de l’Est (1983-1990), École nationale du patrimoine (1992), puis école de journalisme de Sciences Po (2004-2022). Le Cercle de la Librairie, quant à lui, diversifie ses activités avec la création d’Electre (base de données bibliographiques), de Livres-Hebdo (revue hebdomadaire), et des Éditions du Cercle de la Librairie. Ces dernières publient des ouvrages de référence, comme le Dictionnaire encyclopédique du livre (2002-2011) ou des collections dédiées aux métiers du livre, perpétuant ainsi son rôle central dans l’écosystème éditorial français.
L’architecture de l’immeuble, marquée par l’influence éclectique de Garnier, combine des éléments néoclassiques (rotonde, dôme) et des décors raffinés, comme la frise en mosaïque de smaltes et d’ors réalisée par l’atelier Facchina. Bien que le Cercle n’occupe plus les lieux, le bâtiment reste un symbole de l’histoire du livre en France, tandis que ses activités se poursuivent via ses filiales, dont Electre SA, générant un chiffre d’affaires de 15 millions d’euros en 2007. L’immeuble, propriété privée, illustre ainsi la transition entre patrimoine industriel du XIXe siècle et réutilisations culturelles contemporaines.