Frise chronologique
1922-1927
Construction de l’immeuble
Construction de l’immeuble
1922-1927 (≈ 1925)
Dirigée par Henri Sauvage pour la Ville de Paris.
1930
Inauguration de la piscine
Inauguration de la piscine
1930 (≈ 1930)
Remplaçant le projet initial de cinéma.
1982-1983
Première rénovation de la piscine
Première rénovation de la piscine
1982-1983 (≈ 1983)
Par les architectes Daniel et Patrick Rubin.
22 mars 1991
Classement monument historique
Classement monument historique
22 mars 1991 (≈ 1991)
Façades, toitures et piscine protégées.
2004-2005
Restauration des façades
Restauration des façades
2004-2005 (≈ 2005)
Menée par Gabor Mester de Parajd.
2015-2017
Rénovation complète de la piscine
Rénovation complète de la piscine
2015-2017 (≈ 2016)
Dans le cadre du plan « Nager à Paris ».
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Personnages clés
| Henri Sauvage - Architecte |
Concepteur de l’immeuble et pionnier de l’hygiénisme. |
| Charles Sarazin - Associé de Sauvage |
Cofondateur de la Société des Logements Hygiéniques. |
| Patrick et Daniel Rubin - Architectes |
Auteurs de la rénovation de 1982-1983. |
| François Chatillon - Architecte en chef |
Responsable des travaux de 2015-2017. |
| Gabor Mester de Parajd - Architecte en chef |
Dirigea la restauration des façades (2004-2005). |
Origine et histoire
L’immeuble et la piscine des Amiraux, situés dans le quartier de Clignancourt (18e arrondissement de Paris), furent conçus par l’architecte Henri Sauvage entre 1922 et 1927 pour la Société des Habitations à Bon Marché. Ce projet s’inscrivait dans le mouvement hygiéniste, visant à offrir des logements salubres aux classes populaires. Sauvage y réutilisa son système de gradins (déjà expérimenté rue Vavin en 1912) pour doter chaque appartement d’une terrasse, malgré les critiques sur la réduction du nombre de logements. Les façades, recouvertes de carreaux de faïence blanche fournis par les établissements Boulenger de Choisy-le-Roi, évoquent le style « métro » de l’époque.
À l’origine, Sauvage envisageait un cinéma dans la cour centrale, mais la Ville de Paris imposa la construction d’une piscine, inaugurée en 1930. Celle-ci, entourée de cabines sur deux niveaux, adopta un système de vestiaires sans casiers : les usagers verrouillent leur cabine en claquants la porte, et un employé la rouvre après la baignade. Ce dispositif, rare, fut aussi utilisé à la piscine Pontoise. La piscine, rénovée en 1982-1983 puis entre 2015 et 2017, conserve aujourd’hui son aspect d’origine, avec un bassin de 33 × 10 m couvert d’un lanterneau.
Classé monument historique en 1991 (façades, toitures et piscine), l’immeuble fut restauré entre 2004 et 2005 pour retrouver ses menuiseries et parements en céramique d’origine. Les travaux visèrent aussi à moderniser les pièces humides des appartements. La piscine, visible dans Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain (2001), reste un équipement municipal emblématique. L’ensemble illustre l’innovation sociale et architecturale des années 1920, mêlant utilité publique et recherche esthétique.
Henri Sauvage, architecte majeur du mouvement hygiéniste, dirigeait depuis 1903 avec Charles Sarazin la Société des Logements Hygiéniques à Bon Marché. Leur approche combinait matériaux modernes (béton armé) et principes sanitaires, comme en témoignent les caves situées aux 4e et 5e étages pour éviter l’humidité. Le projet des Amiraux, commandé par la Ville, marqua l’aboutissement de leurs recherches sur les habitats collectifs économes mais qualitatifs.