Frise chronologique
1925
Début de la construction
Début de la construction
1925 (≈ 1925)
Lancement du chantier par Le Corbusier.
1926
Achèvement des maisons
Achèvement des maisons
1926 (≈ 1926)
51 logements terminés, restés vides jusqu’en 1929.
18 décembre 1980
Premier classement MH
Premier classement MH
18 décembre 1980 (≈ 1980)
Maison 3 rue des Arcades protégée.
1998
Zone de protection patrimoniale
Zone de protection patrimoniale
1998 (≈ 1998)
Création pour préserver l’ensemble architectural.
17 juillet 2016
Inscription UNESCO
Inscription UNESCO
17 juillet 2016 (≈ 2016)
Classement au patrimoine mondial avec 16 autres sites.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
La maison en totalité (cad. CS 112) : inscription par arrêté du 10 septembre 2009
Personnages clés
| Le Corbusier (Charles-Edouard Jeanneret) - Architecte |
Concepteur de la cité, figure du modernisme. |
| Pierre Jeanneret - Architecte collaborateur |
Cousin et associé de Le Corbusier. |
| Henry Frugès - Commanditaire industriel |
Industriel sucrier bordelais, initiateur du projet. |
Origine et histoire
La cité Frugès-Le Corbusier, située à Pessac près de Bordeaux, fut conçue en 1926 par l’architecte franco-suisse Le Corbusier et son cousin Pierre Jeanneret pour l’industriel Henry Frugès. Ce projet, initialement prévu pour 127 maisons, en compte finalement 51, réparties en 7 types architecturaux novateurs (zig-zag, quinconce, gratte-ciel, etc.). Les maisons, aux toits terrasses et façades polychromes, illustrent les principes modernistes de standardisation et de fonctionnalité, tout en intégrant des innovations comme les murs isothermiques ou les jardins suspendus. La cité, longtemps modifiée par ses habitants, a été progressivement restaurée pour retrouver son aspect d’origine.
La cité Frugès est classée au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2016, aux côtés de 16 autres œuvres de Le Corbusier. Plusieurs maisons sont protégées comme monuments historiques, dont la maison arcade (3 rue des Arcades), classée dès 1980, et la maison gratte-ciel (4 rue Le Corbusier), transformée en espace municipal ouvert au public. Une maquette de l’ensemble, réalisée en 1967 par Henry et Christiane Frugès, y est exposée. La cité, aujourd’hui préservée dans une zone de protection patrimoniale, incarne l’utopie sociale d’un logement ouvrier moderne et accessible.
Le projet initial de Frugès visait à créer une cité jardin sur une prairie boisée, combinant nature et urbanisme avant-gardiste. Malgré des débuts difficiles (les maisons restèrent vides jusqu’en 1929), la cité devint un laboratoire architectural majeur. Après des décennies d’oubli, sa réhabilitation par des occupants sensibilisés à l’œuvre de Le Corbusier a permis de sauvegarder son caractère populaire et innovant. Les recommandations architecturales actuelles visent à concilier préservation et adaptation aux besoins contemporains.
La candidature de la cité Frugès à l’UNESCO fut d’abord rejetée en 2009 et 2011, en raison d’un dossier jugée trop large et de l’absence du site de Chandigarh (Inde). Un nouveau dossier, déposé en 2015, aboutit à son inscription le 17 juillet 2016 lors de la 40e session du Comité du patrimoine mondial à Istanbul. Cette reconnaissance consacre son rôle pionnier dans l’histoire de l’architecture moderne et son influence durable sur l’urbanisme social.