Frise chronologique
vers 1760-1770
Construction de l'hôtel
Construction de l'hôtel
vers 1760-1770 (≈ 1765)
Bâti pour Claude Journu et sa famille
1787-1792
Expéditions négrières
Expéditions négrières
1787-1792 (≈ 1790)
Cinq voyages organisés par Journu Frères
6 février 1964
Inscription MH
Inscription MH
6 février 1964 (≈ 1964)
Protection des façades du bâtiment
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Les façades (cad. R 437, 435bis) : inscription par arrêté du 6 février 1964
Personnages clés
| Claude Journu (1680-1742) - Négociant et commanditaire |
Fonda la dynastie et fit construire l'hôtel |
| Bernard Journu - Héritier et marchand |
Développa la maison commerciale familiale |
| Bonaventure Journu - Héritier et négociant |
Cofondateur des expéditions négrières |
Origine et histoire
L'hôtel Journu, situé à Bordeaux sur la place du Palais, est un hôtel particulier édifié vers 1760-1770 pour Claude Journu (1680-1742), négociant enrichi dans le commerce colonial. Ce marchand lyonnais, d'abord installé rue de la Rousselle, fit fortune dans le sucre et l'indigo, avant de construire ce bâtiment pour affirmer sa réussite et loger sa nombreuse famille (18 enfants). Ses fils, Bernard et Bonaventure, développèrent ensuite une puissante maison commerciale, impliquée dans cinq expéditions négrières entre 1787 et 1792.
L'architecture, de style Louis XVI avec des influences rocaille, se distingue par son balcon filant sur trompe, orné d'un garde-corps en fer forgé portant le monogramme JC de Claude Journu. Les façades, inscrites aux monuments historiques depuis 1964, présentent des chaînes d'angle en pierre, des encadrements moulurés et une corniche à modillons. Le rez-de-chaussée servait d'entrepôt pour les marchandises coloniales, tandis que l'entresol abritait les bureaux du comptoir familial.
Le bâtiment reflète l'âge d'or du commerce bordelais au XVIIIe siècle, marqué par l'enrichissement des négociants grâce à l'économie atlantique, incluant la traite négrière. Son emplacement près du palais de l'Ombrière (siège du parlement) et des marchés en faisait un symbole de pouvoir économique. Aujourd'hui, seules les façades sont protégées, témoignant de ce patrimoine lié à l'histoire complexe de Bordeaux.
La famille Journu incarne les contradictions de cette époque : prospérité commerciale d'un côté, participation active à la traite négrière de l'autre. Leur raffinerie de sucre, située dans le quartier Sainte-Croix, illustre l'intégration des activités industrielles et marchandes qui firent la richesse de la ville, tout en reposant sur l'exploitation coloniale.