Frise chronologique
1932-1934
Construction de l'immeuble
Construction de l'immeuble
1932-1934 (≈ 1933)
Réalisé par Garabed Hovnanian et Kevork Arsenian.
14 décembre 1989
Inscription aux monuments historiques
Inscription aux monuments historiques
14 décembre 1989 (≈ 1989)
Protection officielle du bâtiment.
1er mars 2001
Label Patrimoine du XXe siècle
Label Patrimoine du XXe siècle
1er mars 2001 (≈ 2001)
Reconnaissance de sa valeur architecturale.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Immeuble (cad. MO 275, 276, 162) : inscription par arrêté du 14 décembre 1989
Personnages clés
| Garabed Hovnanian - Architecte |
Concepteur principal du Gloria Mansions. |
| Kevork Arsenian - Architecte |
Co-auteur du projet avec Hovnanian. |
| Joachim Nahapiet - Commanditaire |
Promoteur d’origine iranienne ayant financé l’immeuble. |
| Lassale - Peintre-verrier |
Auteur du vitrail maritime du hall. |
| Mahokian - Peintre |
Créateur du dessin original du vitrail. |
| Barouyr et Hrant Hovnanian - Entrepreneurs |
Frères de Garabed, responsables des travaux. |
Origine et histoire
Le Gloria Mansions est un immeuble emblématique du quartier des Baumettes à Nice, construit entre 1932 et 1934 par les architectes arméniens Garabed Hovnanian et Kevork Arsenian, formés aux États-Unis. Son style Art déco s’inspire des « appartements-hôtels » new-yorkais des années 1900-1910, avec une structure en béton armé et des détails décoratifs innovants, comme un vitrail maritime réalisé par Lassale d’après un dessin de Mahokian. L’intérieur se distingue par un hall monumental et un escalier elliptique à cage ouverte, éclairé par ce vitrail représentant un paysage de Théoule-sur-Mer, évoquant le pointillisme de Signac ou Seurat.
La façade, en ciment artificiel teinté de gris et incrusté de nacre, joue sur des effets de vagues grâce à des balcons cylindriques désaxés, rappelant les lignes dynamiques du Chrysler Building. Deux rapaces en ciment, inspirés des gargouilles new-yorkaises, couronnent l’édifice. Commandé par le promoteur Joachim Nahapiet (d’origine iranienne), le bâtiment était destiné à des logements et commerces, avec des équipements modernes pour l’époque, comme des salles de bain séparées des toilettes dans certains appartements.
L’immeuble est inscrit aux monuments historiques depuis le 14 décembre 1989 et obtient le label « Patrimoine du XXe siècle » le 1er mars 2001. Sa construction mobilisa une main-d’œuvre majoritairement arménienne, surnommée « les Sauvages », sous la direction des frères Barouyr et Hrant Hovnanian, entrepreneurs. Le Gloria Mansions remplace une ancienne pension Gloria, dont il conserve le nom, et marque l’apogée de l’architecture niçoise des années 1930, mêlant influences américaines et savoir-faire local.
Le programme décoratif, centré sur l’escalier et le hall, illustre la volonté de créer un espace luxueux et fonctionnel. Les vitraux, réalisés avec une technique inédite de mosaïque de verre collé entre deux plaques, sont un exemple rare de collaboration entre artisans (Lassale) et artistes (Mahokian). L’immeuble incarne aussi l’histoire de la diaspora arménienne à Nice, dont les membres, comme les Hovnanian, ont marqué le paysage urbain par leur expertise architecturale et leur réseau transnational.
Aujourd’hui, le Gloria Mansions reste un témoignage majeur de l’Art déco en France, alliant modernité technique (béton armé, granito) et références culturelles multiples. Sa protection patrimoniale souligne son rôle dans l’évolution de l’habitat collectif niçois, entre tradition méditerranéenne et avant-garde internationale.