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Immeuble à Boulogne-Billancourt dans les Hauts-de-Seine

Immeuble

    23 Rue de la Tourelle
    92100 Boulogne-Billancourt
Propriété privée
Immeuble
Immeuble
Immeuble

Frise chronologique

XIXe siècle
Époque contemporaine
1900
2000
1931-1934
Construction de l’immeuble
1935
Faillite de la société promotrice
1949
Reconnaissance de la copropriété
1972
Premier classement Monument Historique
2016
Inscription à l’UNESCO
2017
Classement intégral de l’immeuble
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

En totalité, l'immeuble situé 23 rue de la Tourelle, et 24 rue Nungesser-et-Coli à Paris 16e, y compris l'ancien appartement de Le Corbusier, à l'exception des autres parties privatives (cad. U 46) : classement par arrêté du 9 juin 2017

Personnages clés

Le Corbusier (Charles-Edouard Jeanneret) - Architecte et résident Concepteur et occupant du duplex-atelier.
Pierre Jeanneret - Architecte associé Cousin et collaborateur de Le Corbusier.
Marc Kouznetzoff - Promoteur immobilier Commanditaire initial avec Guy Noble.
Guy Noble - Promoteur immobilier Co-commanditaire du projet.
Yvonne Gallis - Épouse de Le Corbusier Résidente jusqu’en 1957.

Origine et histoire

L’immeuble Molitor, aussi appelé immeuble 24 N.C., fut conçu entre 1931 et 1934 par Le Corbusier et son cousin Pierre Jeanneret pour la « Société Immobilière de Paris Parc des Princes ». Situé à Boulogne-Billancourt, à la limite du 16e arrondissement de Paris, il applique quatre des Cinq Points de l'architecture moderne : plan libre, structure ponctuelle, façade libre et toiture-terrasse. Le projet, initialement risqué en raison de financements incertains, fut sauvé par la mobilisation des réseaux des architectes pour trouver des acquéreurs en quinze jours.

Le chantier, débuté en février 1932, connut des retards dus à des difficultés financières des entrepreneurs et à la lenteur des ventes. Malgré ces obstacles, l’immeuble fut achevé en 1934. Dès 1935, la faillite de la société promotrice plongea le bâtiment dans une crise juridique de dix ans, durant laquelle Le Corbusier dut défendre sa propriété sur son duplex des 7e et 8e étages. Ce dernier, qu’il occupa jusqu’à sa mort en 1965, devint un symbole de son œuvre résidentielle.

Classé Monument Historique en 1972 (pour l’appartement) puis en 1990 (pour les façades et le hall), l’immeuble fut entièrement protégé en 2017. Il intègre depuis 2016 la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO, aux côtés de 16 autres réalisations de Le Corbusier. Son architecture révolutionnaire, marquée par des façades vitrées en brique de verre Névada et un hall d’entrée courbe, rompt avec les traditions du XIXe siècle, comme l’illustre la concentration des espaces de service au rez-de-chaussée.

L’appartement-atelier de Le Corbusier, d’une surface de 240 m2, se distingue par ses éléments mobiles (portes pivotantes) permettant de moduler les espaces entre logement et atelier. Le niveau supérieur abrite une chambre d’ami et un toit-jardin, tandis que l’atelier, éclairé par deux pans de verre, offre une vue sur le stade Jean-Bouin. La voûte blanche de 6 mètres de long, les murs de moellons apparents et les bow-windows en façade témoignent de l’audace esthétique et fonctionnelle du projet.

La restauration de 1950, puis celle de 1962 sous la supervision de Le Corbusier, ne suffirent pas à éradiquer les problèmes de rouille récurrents. Aujourd’hui, l’immeuble reste un témoignage majeur du mouvement moderne, associé à la Fondation Le Corbusier, qui gère son appartement-atelier. Son inscription au patrimoine mondial consacre son rôle pionnier dans l’histoire de l’architecture du XXe siècle.

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