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Immeuble à Nantes en Loire-Atlantique

Immeuble

    2 Place de la Petite Hollande
    44000 Nantes
Propriété privée
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Crédit photo : Rehtse - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1700
1800
1900
2000
1747-1752
Construction de l'hôtel
1776
Occupation par Anne O'Shiell
XIXe siècle
Transformations majeures
10 juin 1932
Première inscription MH
29 janvier 1986
Seconde inscription MH
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

La façade y compris les ferronneries et la toiture : inscription par arrêté du 10 juin 1932 - La cage d'escalier intérieur (cad. EL 16) : inscription par arrêté du 29 janvier 1986

Personnages clés

Guillaume Grou - Armateur et négrier Commanditaire et premier propriétaire.
Anne O'Shiell - Veuve de Guillaume Grou Occupante en 1776.
M. Rozée - Secrétaire du roi Locataire en 1776.

Origine et histoire

L'hôtel Grou est un hôtel particulier de style néo-classique construit à la fin du XVIIIe siècle à Nantes, à l'angle de la rue Kervégan et de la place de la Petite-Hollande, sur l'île Feydeau. Commandé par Guillaume Grou, armateur et négrier enrichi par la traite des Noirs, il incarne l'opulence des élites nantaises de l'époque. L'immeuble, édifié entre 1747 et 1752, est conçu comme le pendant de l'hôtel de La Villestreux, dans un quartier alors en pleine expansion immobilière pour les familles aisées.

En 1776, l'hôtel est occupé par la veuve de Guillaume Grou, Anne O'Shiell, ainsi que par M. Rozée (secrétaire du roi) et M. Marcorelles, chacun disposant de dix pièces et partageant huit domestiques. Le bâtiment combine une partie résidentielle luxueuse pour Grou et des appartements locatifs, illustrant la dualité sociale de l'île Feydeau. Au XIXe siècle, des modifications majeures sont apportées : ajout d'un étage, suppression des écuries, et transformation de la porte d'entrée, bien que l'escalier d'origine soit conservé.

Les matériaux utilisés — tuffeau, calcaire de Saint-Savinien et granit — soulignent le prestige de la construction. La façade ouest, ornée de mascarons et d'un balcon filant en fer forgé, contraste avec la partie locative accessible par la rue Kervégan. L'escalier monumental, aujourd'hui partiellement disparu, reliait autrefois l'appartement de Grou aux magasins du rez-de-chaussée. Classé monument historique en 1932 (façades et toiture) puis en 1986 (cage d'escalier), l'hôtel témoigne de l'architecture et de l'histoire économique de Nantes.

L'immeuble reflète aussi les paradoxes de son époque : sa richesse architecturale est indissociable de l'économie triangulaire et de l'esclavage, source de la fortune de Guillaume Grou. Les éléments intérieurs conservés (cheminées, parquets, portes du XVIIIe siècle) rappellent le faste des résidences bourgeoises, tandis que les transformations ultérieures adaptent le bâtiment aux besoins changeants de la ville.

Situé dans un quartier marqué par l'histoire maritime, l'hôtel Grou est aujourd'hui un symbole du patrimoine nantais, protégé pour sa valeur historique et architecturale. Son inscription aux monuments historiques en deux temps (1932 et 1986) souligne l'importance de préserver à la fois ses décors extérieurs et ses aménagements intérieurs, témoins de la vie aristocratique et commerciale du XVIIIe siècle.

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