Frise chronologique
1723
Début du programme d'urbanisme
Début du programme d'urbanisme
1723 (≈ 1723)
Remblaiement de la grève de la Saulzaie.
1733
Lotissement de l'île Feydeau
Lotissement de l'île Feydeau
1733 (≈ 1733)
Parcelles attribuées dont le lot no 10.
1743
Fin des contraintes architecturales
Fin des contraintes architecturales
1743 (≈ 1743)
Libre cours aux projets d'architectes.
1752
Achat du lot no 10
Achat du lot no 10
1752 (≈ 1752)
Par François Perraudeau et René Leroux.
5 décembre 1984
Inscription aux monuments historiques
Inscription aux monuments historiques
5 décembre 1984 (≈ 1984)
Façades et toiture protégées.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Les façades y compris les ferronneries, et les toitures (cad. EL 5) : classement par arrêté du 5 décembre 1984
Personnages clés
| Pierre Sarrebourse d'Audeville - Ancien propriétaire du lot no 10 |
Consul de Nantes (1719-1720). |
| Jacques Goubert - Ingénieur urbaniste |
Auteur du code architectural initial. |
| François Perraudeau - Architecte et acquéreur |
Conçoit l’immeuble en 1752. |
| René Leroux - Sénéchal et co-acquéreur |
Associé à Perraudeau pour le projet. |
| Pierre Rousseau - Architecte innovant |
Inventeur du système de radier. |
Origine et histoire
L’immeuble Perraudeau est un immeuble de style néo-classique construit au milieu du XVIIIe siècle sur le quai Turenne, à l’ouest de l’île Feydeau, dans le centre-ville de Nantes. Il s’inscrit dans le programme d’urbanisme de l’île Feydeau, lancé en 1723 par le remblaiement d’un banc de sable appelé « grève de la Saulzaie ». Le lotissement, acté en 1733, est initialement régi par un code architectural strict établi par l’ingénieur Jacques Goubert, avant que cette obligation ne soit levée en 1743, laissant place à des projets plus libres.
En 1752, l’architecte François Perraudeau et le sénéchal René Leroux acquièrent le lot no 10, anciennement propriété de Pierre Sarrebourse d'Audeville, consul de Nantes entre 1719 et 1720. Ils divisent la parcelle en deux et y érigent des immeubles de rapport partageant une cour commune, avec une entrée située au 21 de la rue Kervégan. L’immeuble, habité par des négociants, rentiers et marchands à la fin du XVIIIe siècle, se distingue par ses façades et sa toiture, inscrites à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques le 5 décembre 1984.
La construction de l’immeuble utilise des matériaux typiques de la région, comme le tuffeau et le granit, avec un fronton triangulaire caractéristique de l’époque. Le rez-de-chaussée présente des arcades de plein cintre éclairant l’entresol, tandis qu’un balcon sur console orne le premier étage. Malgré des techniques innovantes pour l’époque, comme des pilotis de chêne et un radier attribué à l’architecte Pierre Rousseau, l’immeuble souffre dès sa construction de problèmes de stabilité, visibles sur sa façade.
L’île Feydeau, où se situe l’immeuble, est un symbole de l’expansion urbaine et économique de Nantes au XVIIIe siècle. Ce quartier, aménagé pour accueillir une bourgeoisie marchande en plein essor, reflète l’importance du commerce maritime et de la rente foncière dans la ville. Les immeubles de rapport, comme celui de Perraudeau, témoignent de cette prospérité et des ambitions architecturales de l’élite nantaise.