Frise chronologique
1531
Attestation des étuves municipales
Attestation des étuves municipales
1531 (≈ 1531)
Première mention d’un bain public.
1578
Vente autorisée par le duc
Vente autorisée par le duc
1578 (≈ 1578)
Charles III permet la vente à Claude de Beauvau.
1580
Construction de l’hôtel
Construction de l’hôtel
1580 (≈ 1580)
Œuvre de Nicolas La Hiere pour Claude de Beauvau.
1621
Vente au duc Henri II
Vente au duc Henri II
1621 (≈ 1621)
Passage dans le domaine ducal lorrain.
1750
Première mention du nom actuel
Première mention du nom actuel
1750 (≈ 1750)
Appellation *hôtel de Lillebonne* sur un acte.
1944
Classement monument historique
Classement monument historique
1944 (≈ 1944)
Protection de la façade et du puits.
1972
Acquisition par la ville
Acquisition par la ville
1972 (≈ 1972)
Devenu MJC et espace culturel.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Façades sur rue et toiture ainsi que le puits situé dans la cour : inscription par arrêté du 15 mars 1944
Personnages clés
| Claude de Beauvau-Craon - Commanditaire initial |
Fait construire l’hôtel en 1580. |
| Nicolas La Hiere - Architecte |
Conçoit l’hôtel dans le style Renaissance. |
| Henri II de Lorraine - Propriétaire ducale |
Achète l’hôtel en 1621 pour ses fils. |
| Charles de Briey - Occupant et écclésiastique |
Donne son nom d’*hôtel de Malte*. |
| Anne de Lorraine - Princesse résidente |
Y vit avec son époux en 1665. |
| Filles de la charité de Saint-Vincent-de-Paul - Propriétaires au XIXe siècle |
Transforment l’hôtel en œuvre sociale. |
Origine et histoire
L’hôtel de Lillebonne est un hôtel particulier Renaissance construit en 1580 à Nancy par l’architecte Nicolas La Hiere pour Claude de Beauvau-Craon, sire de Beauvau. Il remplace l’ancienne « Maison des étuves municipales », un bain public attestée dès 1531, que le duc Charles III autorisa à vendre en 1578. Ce bâtiment, de style italianisant, reflète la mode nancéienne de l’époque, avec une façade ornée de colonnes ioniques, de frontons sculptés et de motifs floraux.
À la mort de Claude de Beauvau en 1597, l’hôtel passe à son petit-fils Henri Ier, qui le vend en 1621 au duc Henri II de Lorraine. Ce dernier l’offre à son fils naturel Henri de Bainville, avant qu’il ne soit échangé puis occupé par Charles de Briey, un autre fils illégitime du duc, donnant à l’hôtel le nom d’hôtel de Malte. Entre 1633 et 1663, pendant l’occupation française de Nancy, son histoire devient floue.
En 1665, Anne de Lorraine et son époux François-Marie, prince de Lillebonne, s’y installent brièvement avant une nouvelle occupation française. Le nom hôtel de Lillebonne apparaît en 1750. Au XIXe siècle, il est acquis par les Filles de la charité de Saint-Vincent-de-Paul, devenant partie de la Maison de la Providence, dédiée aux œuvres sociales. Depuis 1972, il abrite la MJC Lillebonne-Saint-Epvre et une galerie d’art contemporain.
L’hôtel se distingue par son escalier Renaissance en pierre, ses plafonds sculptés et son puits orné d’un fronton à volutes. Classé monument historique en 1944 pour sa façade, sa toiture et son puits, il incarne l’héritage architectural lorrain. Son portail, encadré de colonnes à feuillages d’olivier, et ses fenêtres à frontons brisés illustrent le raffinement de l’époque.
Au XXe siècle, l’hôtel a également servi de décor pour le film Tous les soleils de Philippe Claudel. Aujourd’hui, il allie patrimoine et vie culturelle, abritant expositions, conférences et activités associatives, tout en conservant ses éléments d’origine, comme la chapelle du XIXe siècle ou les gargouilles en pierre sculptée.
Son histoire reflète les bouleversements politiques de la Lorraine, des ducs de Lorraine à l’annexion française, en passant par son rôle social sous les sœurs vincentiennes. L’hôtel de Lillebonne reste un témoignage majeur de l’architecture civile Renaissance à Nancy, aux côtés du Palais ducal et de l’hôtel d’Haussonville.