Frise chronologique
1894
Conception du projet
Conception du projet
1894 (≈ 1894)
Vallin expose le plafond de sa salle à manger.
1895-1896
Construction de l’immeuble
Construction de l’immeuble
1895-1896 (≈ 1896)
Réalisation par Eugène Vallin et Victor Prouvé.
1897
Création des bronzes
Création des bronzes
1897 (≈ 1897)
Prouvé signe la poignée de porte allégorique.
1916
Bombardement
Bombardement
1916 (≈ 1916)
Destruction partielle de la porte piétonne.
1992
Vol des bronzes
Vol des bronzes
1992 (≈ 1992)
Retrouvés et déposés au musée.
3 juin 1994
Classement complet
Classement complet
3 juin 1994 (≈ 1994)
Inscription à l’inventaire des monuments historiques.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Immeuble (cad. BC 26) : inscription par arrêté du 3 juin 1994
Personnages clés
| Eugène Vallin - Architecte et ébéniste |
Maître d’œuvre et maître d’ouvrage. |
| Victor Prouvé - Peintre et sculpteur |
Auteur de la cariatide et des bronzes. |
| Louis Guingot - Peintre nancéien |
Premier occupant de l’étage en 1896. |
Origine et histoire
L’immeuble et atelier Vallin, situé aux nos 6 et 8 boulevard Lobau à Nancy, est conçu en 1894 par l’ébéniste et architecte Eugène Vallin. Influencé par Viollet-le-Duc, il rompt avec l’académisme en érigeant en 1895-1896 un édifice rationnel, parmi les premières réalisations Art nouveau. Vallin occupe le rez-de-chaussée, tandis que le peintre Louis Guingot s’installe à l’étage en 1896. La décoration, confiée à Victor Prouvé, inclut une cariatide en bronze et des éléments métalliques ornés de motifs végétaux.
La porte piétonne, endommagée par un bombardement en 1916, perd son panneau supérieur, aujourd’hui conservé au musée de l’École de Nancy. Les bronzes de l’entrée, volés en 1992 puis retrouvés, y sont également déposés. Classé partiellement en 1976 (toitures), l’ensemble est entièrement protégé en 1994. L’atelier, avec sa structure métallique apparente, et la maison, au no 6, illustrent l’audace technique et esthétique de Vallin, pionnier de l’Art nouveau en Lorraine.
L’édifice s’inscrit dans le mouvement de l’École de Nancy, fondée en 1901, qui unit artistes et industriels pour promouvoir un art total, intégrant mobilier, architecture et décoration. Vallin y joue un rôle clé, collaborant avec des figures comme Émile Gallé ou Victor Prouvé. La maison-atelier, par son programme hybride (logement et lieu de création), préfigure les principes modernes de flexibilité spatiale et d’unité des arts.
Les matériaux innovants, comme le « ciment volcanique » (remplacé ultérieurement), et les détails symboliques, telle la poignée de porte allégorique de la Renommée, soulignent la volonté de Vallin de concilier fonctionnalité et poésie. Le bâtiment dialogue avec l’hôtel Tassel de Horta (Bruxelles, 1893-1895), marquant la diffusion européenne de l’Art nouveau.
Aujourd’hui, l’immeuble témoigne de l’héritage de l’École de Nancy, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2023 pour son « contribution exceptionnelle » à l’art et à l’architecture. Le musée de l’École de Nancy conserve plusieurs éléments originaux, dont la serrure et la poignée en bronze signées Prouvé (1897).