Frise chronologique
1932
Construction de l'immeuble
Construction de l'immeuble
1932 (≈ 1932)
Réalisé par Mallet-Stevens pour Louis Barillet.
7 juin 1993
Classement Monument historique
Classement Monument historique
7 juin 1993 (≈ 1993)
Inscription à l'inventaire des Monuments historiques.
2000
Restauration par Yvon Poullain
Restauration par Yvon Poullain
2000 (≈ 2000)
Sauvegarde après des décennies d'abandon.
2018
Acquisition par Xavier Niel
Acquisition par Xavier Niel
2018 (≈ 2018)
Devenu propriété d'un homme d'affaires.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Immeuble (cad. 15 : 01 AB 20) : inscription par arrêté du 7 juin 1993
Personnages clés
| Robert Mallet-Stevens - Architecte |
Concepteur de l'immeuble en 1932. |
| Louis Barillet - Maître-verrier et commanditaire |
Propriétaire initial et utilisateur des ateliers. |
| Yvon Poullain - Collectionneur et restaurateur |
A sauvé et transformé l'immeuble en musée. |
| Xavier Niel - Propriétaire actuel |
Acquéreur en 2018, soutien de Matrice. |
| Jean Barillet - Fils de Louis Barillet |
A transféré l'atelier en 1960. |
Origine et histoire
L’immeuble du 15 square Vergennes, dans le 15e arrondissement de Paris, fut conçu en 1932 par l’architecte Robert Mallet-Stevens pour son ami Louis Barillet, maître-verrier renommé. Ce bâtiment de style Art Déco, classé Monument historique depuis 1993, intégrait à l’origine des ateliers de production de vitraux, des bureaux et un appartement privé. Son architecture innovante, en béton armé, libérait les espaces de travail des structures porteuses, tandis que la grande verrière nord offrait une lumière uniforme idéale pour les artisans.
La collaboration entre Barillet et Mallet-Stevens, visible dans des projets comme la Villa Cavrois ou la Villa Noailles, s’incarne ici par un vitrail vertical monumental et une verrière d’atelier. Les espaces étaient organisés par étages : rez-de-chaussée dédié à la mosaïque et aux fours, premier étage pour la découpe du verre, étages supérieurs pour les dessins et le contrôle des vitraux. Une galerie en pourtour abritait archives et laboratoire photo, tandis que l’appartement de Barillet occupait le dernier niveau.
Après la mort de Louis Barillet en 1948, l’atelier fut transféré rue de Vaugirard vers 1960 par son fils Jean. À l’abandon après les Trente Glorieuses, l’immeuble fut restauré dans les années 2000 par le collectionneur Yvon Poullain, qui en fit un musée jusqu’en 2011. Depuis 2018, il appartient à Xavier Niel et accueille Matrice, un institut d’innovation ouvrant ses portes lors des Journées du patrimoine.
L’édifice illustre l’essor du vitrail dans l’architecture Art Déco et la reconstruction de l’Entre-deux-guerres, période où Barillet, confronté à la demande croissante, quitta son premier atelier de la rue Alain-Chartier pour ce lieu adapté aux créations monumentales. Les mosaïques des paliers et les vitraux subsistants, comme celui de la cage d’escalier en verres laminés, témoignent de cette époque faste.
Classé pour son importance patrimoniale, l’immeuble a aussi abrité de 2014 à 2016 le musée Mendjisky-Écoles de Paris, dédié aux artistes des deux Écoles de Paris. Aujourd’hui, sa double vocation — préservation du patrimoine et innovation contemporaine — en fait un lieu unique, où l’héritage de Barillet et Mallet-Stevens dialogue avec les projets actuels.