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Immeuble à Paris 1er dans Paris

Immeuble

    8 Rue Garancière
    75006 Paris 6e Arrondissement
Propriété privée
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Crédit photo : Mbzt - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1600
1700
1800
1900
2000
1646
Construction de l'hôtel
1651
Décès de René de Rieux
1717
Première de Adrienne Lecouvreur
1818-1850
Siège de la mairie
1852
Acquisition par Henri Plon
20 octobre 1928
Classement monument historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Les façades sur rue et sur cour : inscription par arrêté du 20 octobre 1928

Personnages clés

René de Rieux - Évêque-comte de Léon Commanditaire de la construction en 1646.
Alexandre de Rieux - Marquis de Sourdéac Héritier de l’hôtel en 1651.
Adrienne Lecouvreur - Comédienne Première représentation en 1717.
Françoise du Gué - Propriétaire et mécène Accueille Adrienne Lecouvreur dans l’hôtel.
Henri Plon - Imprimeur et éditeur Acquiert l’hôtel en 1852 pour sa maison d’édition.
Adam et Jacques Robelin - Maîtres maçons Constructeurs réels de l’hôtel, souvent confondus.

Origine et histoire

L’hôtel de Sourdéac, situé au 8 rue Garancière dans le 6e arrondissement de Paris, est un hôtel particulier érigé en 1646 sur l’emplacement de l’ancien hôtel Garancière. Commandé par René de Rieux, évêque-comte de Léon en Bretagne, ce monument se distingue par sa façade attribuée à tort à un architecte italien nommé Robelini (en réalité, les frères Adam et Jacques Robelin, maîtres maçons). Les pilastres colossaux et leurs chapiteaux ornés de têtes de bélier, rares pour l’époque, en font une œuvre architecturale remarquable. À la mort de René de Rieux en 1651, l’hôtel passe à son neveu, Alexandre de Rieux, marquis de Sourdéac, lui donnant son nom actuel.

Au XVIIIe siècle, l’hôtel devient un lieu culturel marquant : en 1717, la comédienne Adrienne Lecouvreur y donne sa première représentation publique dans la cour, sous l’égide de la propriétaire Françoise du Gué, veuve d’un président de la Chambre des comptes. L’hôtel change ensuite de mains à plusieurs reprises, passant à la marquise Catherine de La Chaise en 1720, puis à sa petite-fille Anne-Françoise de la Chaise d’Aix en 1732. Avant la Révolution, il est loué par l’évêque de Senlis, Jean-Armand de Bessuéjouls de Roquelaure, avant d’être confisqué comme bien national.

Au XIXe siècle, l’hôtel abrite la mairie du 11e arrondissement (ancienne division) entre 1818 et 1850, puis est acquis en 1852 par l’imprimeur Henri Plon, proche de Napoléon III. Il sert alors de siège à la maison d’édition Plon jusqu’en 1988, tout en accueillant la maison Bisson frères. Classé monument historique en 1928 pour ses façades sur rue et sur cour, l’hôtel de Sourdéac incarne à la fois le faste architectural du Grand Siècle et les mutations culturelles et politiques de Paris.

L’hôtel doit une partie de sa renommée à des descriptions élogieuses, comme celle de Jean-Aimar Piganiol de La Force en 1745, qui souligne son apparence « fort remarquable » malgré une « régularité » discutable. Les gravures de Jean Marot et les confusions autour du nom de l’architecte (Robelin vs Bobelini) témoignent de son aura persistante. Aujourd’hui, il reste un exemple emblématique des hôtels particuliers parisiens, mêlant héritage aristocratique, vie théâtrale et histoire éditoriale.

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