Origine et histoire de l'Immeuble Petit-Fers
L’immeuble Petit-Fers, situé à Vannes dans le Morbihan, fut édifié entre 1894 et 1906 par la famille Petit, négociants en métaux. Destiné à abriter une quincaillerie de vente en gros sous le nom établissements Petit-Fers, il servit d’entrepôt jusqu’aux années 1970. Son architecture allie une structure métallique de type Baltard à une façade ornée de granit, calcaire, brique, fonte et céramique émaillée, illustrant l’art industriel de l’époque. La famille Petit, déjà propriétaire d’immeubles adjacents depuis 1867, y développa une activité florissante avant que le site ne soit transformé en galerie commerciale (Les Arcades) puis en pizzeria à la fin du XXe siècle.
Le bâtiment, inscrit aux monuments historiques depuis le 30 mai 2000 pour ses façades, toitures et structure métallique, intègre le secteur sauvegardé de Vannes. Son plan en T comprend un corps principal rectangulaire sur rue, dédié au commerce, et un corps perpendiculaire de stockage avec charpente métallique. La façade, divisée en deux niveaux, présente sept baies cintrées en arcade au rez-de-chaussée, soutenues par des colonnes en fonte à chapiteaux corinthiens, et un étage d’habitation en retrait, éclairé par des lucarnes à fronton cintré. Les colonnes, marquées Fontanet père et Morel, proviennent d’une entreprise parisienne spécialisée dans les charpentes métalliques, active dans plusieurs projets similaires en France.
À l’origine, l’immeuble remplaçait l’aile sud de l’ancien hôpital Saint-Nicolas et sa cour, rasés pour ouvrir la rue Alain-Le-Grand lors de la construction de la préfecture. Les établissements Petit-Fers, repris plus tard par les Comptoirs métallurgiques de Bretagne, cessèrent leur activité en 1975. Après des réaménagements successifs (galerie marchande, pizzeria), le site fut racheté au début des années 2000 par un assureur local projetant d’y installer une nouvelle galerie commerciale. Malgré ces transformations, l’immeuble conserve des éléments architecturaux remarquables, témoins de son passé industriel et commercial.
Les sources mentionnent également des modifications ultérieures, comme la suppression partielle du soubassement sous quatre baies pour y installer des vitrines, ou la division de l’appartement unique du dernier étage en plusieurs logements. Bien que l’architecte reste inconnu, la qualité des matériaux et des détails (terre cuite émaillée, entablement à frise) souligne l’importance de ce bâtiment dans le patrimoine vannetais. Aujourd’hui, il incarne à la fois l’héritage des activités métallurgiques bretonnes et les mutations urbaines de Vannes au XXe siècle.