Frise chronologique
1911
Construction de l’immeuble
Construction de l’immeuble
1911 (≈ 1911)
Première œuvre d’Emmanuel Cateland en béton armé.
19 novembre 1991
Inscription aux monuments historiques
Inscription aux monuments historiques
19 novembre 1991 (≈ 1991)
Protection des façades et toitures par arrêté.
10 mars 2003
Label Patrimoine du XXe siècle
Label Patrimoine du XXe siècle
10 mars 2003 (≈ 2003)
Reconnaissance de sa valeur architecturale moderne.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Façades et toitures (cad. BD 76) : inscription par arrêté du 19 novembre 1991
Personnages clés
| Emmanuel Cateland - Architecte et promoteur |
Conçoit et réalise son premier immeuble. |
| Léon Blazin - Ingénieur |
Étudie le projet pour Hennebique. |
| François Hennebique - Entrepreneur |
Pionnier du béton armé, système utilisé. |
| Frères Grangette - Entrepreneurs |
Réalisent la construction à Lyon. |
Origine et histoire
L’immeuble Cateland, situé au 2 rue de Saint-Cyr et 24 quai Jaÿr dans le 9e arrondissement de Lyon, est un immeuble d’habitation emblématique du début du XXe siècle. Construit en 1911 par l’architecte Emmanuel Cateland, il marque sa première réalisation et une innovation majeure : premier immeuble lyonnais entièrement en béton armé. Ce choix technique, étudié par l’ingénieur Léon Blazin pour l’entrepreneur François Hennebique et réalisé par les frères Grangette, permet d’ériger sept étages (30 mètres) sur une parcelle exiguë de 85 m2, grâce à des encorbellements gagnant 20 m2 par niveau. Son surnom local, Gratte-ciel de Lyon, témoigne de son audace pour l’époque.
Les façades de l’immeuble se distinguent par un décor de mosaïques de faïence incrustées dans le crépi, ajoutant une dimension esthétique à cette prouesse technique. Propriétaire du terrain, Cateland y remplace une modeste maison d’un étage par ce projet ambitieux, combinant rôle de promoteur et d’architecte. L’édifice est inscrit aux monuments historiques le 19 novembre 1991 pour ses façades et toitures, puis labellisé Patrimoine du XXe siècle le 10 mars 2003, soulignant son importance dans l’histoire architecturale lyonnaise.
L’immeuble illustre l’adoption précoce du système Hennebique à Lyon, une méthode constructive révolutionnaire en béton armé brevetée à la fin du XIXe siècle. Les frères Grangette, concessionnaires locaux de ce procédé, en assurent la réalisation, tandis que Blazin supervise les calculs structurels. Cette collaboration entre architecte, ingénieur et entrepreneurs reflète les dynamiques innovantes de l’époque, où la ville se modernise rapidement. Le bâtiment, toujours visible à l’angle de la rue de Saint-Cyr et du quai Jaÿr, reste un symbole de cette transition vers l’architecture moderne.
Au-delà de son aspect technique, l’immeuble Cateland incarne aussi les mutations sociales de Lyon au début du XXe siècle. La densification urbaine, portée par des projets comme celui-ci, répond à la croissance démographique et aux besoins en logements. Le béton armé, alors perçu comme un matériau d’avenir, permet de concilier hauteur, économie de surface au sol et esthétique, comme en témoignent les faïences ornementales. Ces choix reflètent une volonté de marier fonctionnalité et art, caractéristique de l’École lyonnaise d’architecture de l’entre-deux-guerres.