Frise chronologique
1841
Découverte d'une mosaïque antique
Découverte d'une mosaïque antique
1841 (≈ 1841)
Au n°1, entourée de marbre blanc.
1863
Fragment d'inscription antique trouvé
Fragment d'inscription antique trouvé
1863 (≈ 1863)
Mention possible d’*Augustodunum*.
Fin du XVIIIe siècle
Ouverture de la rue Guérin
Ouverture de la rue Guérin
Fin du XVIIIe siècle (≈ 1895)
Création pour relier Marchaux au centre-ville.
Début XIXe siècle
Suppression de la place Maubert
Suppression de la place Maubert
Début XIXe siècle (≈ 1904)
Modification du tracé de la rue.
1995
Inscription aux Monuments Historiques
Inscription aux Monuments Historiques
1995 (≈ 1995)
Décors des boucheries Varmenot et Saint-Louis.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Décor intérieur de la boucherie, y compris celui du plafond (cad. AI 4) : inscription par arrêté du 22 juin 1995
Personnages clés
| Harold de Fontenay - Historien local |
A étudié l’inscription antique de 1863. |
| Jules Mareschale et G. Petitdidier - Fondeurs parisiens |
Auteurs de la façade Art nouveau. |
Origine et histoire
L’immeuble situé au 4 rue Guérin à Autun (Saône-et-Loire) date de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle. Il s’inscrit dans une rue ouverte à la fin du XVIIIe siècle pour relier le quartier médiéval de Marchaux au centre-ville via la place du Champ-de-Mars. Cette voie, autrefois nommée rue aux Garins, a révélé des vestiges antiques d’Augustodunum, dont une mosaïque en 1841 et une inscription fragmentaire en 1863. La rue Guérin, tracée sur un axe ancien, a évolué avec la suppression de la place Maubert au XIXe siècle, modifiant son parcours initial vers la chapelle de la Bondue.
L’immeuble abrite deux bouchers-artisans remarquables, symboles du patrimoine commercial de l’époque. La boucherie Varmenot (n°4), décorée dans le style 1900, présente des faïences murales représentant des paysages bovins et un comptoir en marbre. Son décor intérieur, inscrit aux Monuments Historiques en 1995, est labellisé Patrimoine du XXe siècle. La boucherie Saint-Louis (n°29), aussi appelée boucherie Henriot, se distingue par sa façade Art nouveau en fonte, marbre et peintures sous verre, aux couleurs noir, bleu et or. Elle est surmontée d’un lambrequin de zinc et ornée de sculptures de bovins dorés, avec des crochets en dent-de-loup pour suspendre la viande.
La façade Art nouveau de la boucherie Saint-Louis, créée par les fondeurs Jules Mareschale et G. Petitdidier (185 rue d’Allemagne à Paris), illustre l’influence des ateliers parisiens dans les provinces à cette époque. Les deux boutiques, protégées pour leur décor intérieur (y compris les plafonds), témoignent de l’âge d’or des commerces de bouche, où l’esthétique servait à mettre en valeur les produits. Leur inscription en 1995 souligne leur valeur historique et artistique, dans un contexte où Autun, ancienne Augustodunum, mêle héritage antique et architecture bourgeoise des XIXe–XXe siècles.
La rue Guérin, nommée d’après une vieille famille locale liée au château de la Tour Guérin à Couches, a aussi porté le nom révolutionnaire de rue Pas-de-Charge. Son tracé, modifié au XIXe siècle avec la création des rues Mazagran et de la Bondue, reflète les transformations urbaines d’Autun. L’immeuble du 4 rue Guérin, avec ses boucheries classées, incarne ainsi la transition entre la ville médiévale, la modernisation haussmannienne et l’essor des arts décoratifs au tournant du XXe siècle.