Origine et histoire des Immeubles, Rue des Arts
Les immeubles situés aux numéros 15 et 17 de la rue des Arts à Lille constituent un ensemble architectural emblématique du patrimoine historique de la ville. Construits au XVIIe siècle, ces bâtiments témoignent de l'essor économique et culturel de Lille à cette époque. Leur élévation et leur toiture, inscrites au titre des monuments historiques en 1944, reflètent l'architecture civile typique de la région, marquée par des influences flamandes et françaises. Ces immeubles font partie des rares témoignages conservés de la rue des Arts, qui a connu de nombreuses transformations au fil des siècles.
La rue des Arts, anciennement appelée rue des Foulons puis rue des Récollets, a été le théâtre de nombreux événements marquants. Au XIe siècle, elle faisait partie des rues habitées par les bourgeois de Lille et délimitait le forum de la collégiale Saint-Pierre. En 1145, lors du premier agrandissement de la ville, la rue est ouverte et prend le nom de rue des Foulons. Au XVIIe siècle, elle devient la rue des Récollets, en référence au couvent des Récollets qui s'y installe. Ce couvent, fondé en 1249, est un lieu important de la vie religieuse et intellectuelle de Lille jusqu'à sa destruction en 1852 pour la construction du lycée de Lille.
Les immeubles des numéros 15 et 17 ont une histoire particulière liée aux corporations de métiers. Ils sont connus sous le nom de "Maison des corporations, rang des esgards (esgards de teinture)", soulignant leur rôle dans l'organisation des artisans teinturiers. Ces bâtiments ont également abrité des écoles académiques de Lille, créées en 1755, qui offraient des cours de dessin, d'architecture et de sciences appliquées. Ces écoles ont formé plusieurs générations d'artistes et d'ingénieurs, contribuant au développement industriel de la région. En 1854, la faculté des sciences de Lille s'installe dans les locaux du lycée impérial, construit à l'emplacement de l'ancien couvent des Récollets, marquant une nouvelle étape dans l'histoire scientifique de la ville.
Au fil des siècles, la rue des Arts a été le lieu de nombreuses innovations éducatives et scientifiques. Les chaires municipales, établies en 1803, ont permis de développer des cours publics de physique, de chimie et de mécanique, appliqués aux arts et manufactures. Ces initiatives ont contribué à la formation d'une main-d'œuvre qualifiée, essentielle pour l'industrialisation de Lille. Les immeubles des numéros 15 et 17, avec leur architecture caractéristique, restent des témoins silencieux de cette riche histoire, mêlant patrimoine architectural, éducatif et industriel.